Bienvenu MABILEMONO à
Monsieur SASSOU-NGUESSO Denis
Nous fêtons le cinquantième anniversaire de notre indépendance, aucun travail épistémologique au niveau des idées, aucune analyse approfondie de l’existant ne semble être faite. Fidèle à votre stratégie de fuite en avant, vous voulez passer pieds-joints une fois de plus sur le bilan catastrophique de vos 25 années d’exercice de pouvoir sans partage.
Je vous accuse d’avoir enlisé notre pays dans l’ornière de fatalité, d’échecs, de ce que vous appelez vous-même la logique de construction/destruction. Vous êtes de loin le principal acteur politique de ces 50 premières années du Congo en tant que nation libre et l’histoire a voulu que vous soyez également à la tête du pays à cette date particulière du cinquantième anniversaire de l’indépendance. Cela vous honore bien sûr, mais cela vous oblige aussi, naturellement, à dresser un bilan approfondi de l’état de la nation relatif à cette période. Et il va de soi que vous ne sauriez faire un bilan de ces 50 ans sans souligner votre propre responsabilité dans ces échecs successifs, et surtout dans les drames et les crimes odieux qu’a connu le pays notamment de 1977 à ce jour. L’histoire vous offre là une occasion unique de vous élever spirituellement et surtout de soulager votre conscience en disant enfin au peuple congolais ainsi qu’aux familles concernées, qui a tué Ngouabi, qui a tué le cardinal Biayenda, où se trouvent les restes du corps de Massamba-Débat, où se trouve la fosse commune des 354 disparus du Beach. Que vous le vouliez ou pas, ce cinquantième anniversaire de l’indépendance marque indéniablement la fin d’une époque et impose un devoir de mémoire. Rien ne devra jamais plus être comme avant dans notre pays.