Le chanteur Charles Mombaya (Photo : Digitalcongo.net) est décédé dimanche 20 mai 2007, à 2 heures du matin, à la clinique Ngaliema de Kinshasa, des suites d'une longue maladie, selon son entourage qui n'a pas donné plus de précision. Avec cette disparition, la musique chrétienne en RDC vient de perdre un de ses éminents acteurs, pour ne pas dire son personnage le plus imposant par son parcours artistique, son cursus académique et ses réalisations managériales sans précédent.
Charles Mombaya a été un précurseur dans l’essor de la musique chrétienne dont il a su amplifier le succès au-delà des églises du réveil en élargissant son audience jusque dans les festivités mondaines.
Il a signé ses premiers tubes et, dans la foulée, créé la première école où l’on formait des chanteurs et des musiciens qui sont devenus, pour certains comme Sœur L’Or Mbongo, de véritables stars. Les différentes initiatives de Charles Mombaya s’inscrivaient dans une sorte d’économie intégrée avec une société de production qui réalisait et produisait des DVD dont la qualité n’avait pas grand-chose à envier aux produits réalisés en Europe.
Une réussite artistique et managériale exemplaire et unique en RDC qui reflète un parcours riche du disparu formé au conservatoire congolais (Institut national des Arts) avant de décrocher une Maîtrise de musicologie et un Diplôme d’Etude Approfondies (DEA) de littérature à l’Université de Sorbonne (Paris-IV). Au-delà de sa réussite personnelle, Charles Mombaya fut un rassembleur à l’origine de l’Association des Musiciens Chrétiens du Congo (AMCC) dont il est resté le président jusqu’à son décès.
Né à Kinshasa et décédé à l’âge de 53 ans, Charles Mombaya avait débuté sa carrière en 1974 au sein de l’église Baptiste avant de créer en 1975, la chorale « Les Ambassadeurs du Christ » avec laquelle il avait remporté plusieurs prix dont celui de meilleur choeur mixte en 1981, à l’occasion du premier Festival National des chorales chrétiennes, organisé par les Eglises Catholique, Protestante et Kimbanguiste. On retiendra également de ses réalisations, une méga production avec une chorale de 5.000 chanteurs à l’occasion du centenaire de l’église protestante en RDC.
Auteur de huit albums et dix DVD, Charles Mombaya a écumé plusieurs scènes du monde notamment en France, en Belgique, en Hollande, en Allemagne, au Portugal, en Espagne, en Suisse, en Grande Bretagne, en Norvège, aux Etats-Unis, en Haïti, au Japon, en Jordanie, en et en Angola pour ne citer que ces pays.
Comme un symbole, la mort de Charles Mombaya survient dans une période où ses consoeurs et ses confrères de la musique religieuse défraient la chronique judiciaire oubliant d’arroser la foi des ouailles de ces chansons nécessaires pour affermir leur foi et d’exalter le salut incarné par le sacrifice de Golgotha. Pourvu que, Charles Mombaya le dos tourné, la musique chrétienne ne soit réduite à une voie de garage pour stars déchues de la musique mondaine ou encore un terrain d’expression des ego surdimensionnés de ces chanteuses et chanteurs loin d’être un modèle d’humilité.|Botowamungu Kalome (AEM)
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