L'association Lumières d'Afrique, que préside Ferréol Constant Patrick Gassackys, ancien commissaire général du Festival panafricain de musique (FESPAM) et ex-manager de l'orchestre Extra Musica, a tenu sa promesse. En effet, la soirée consacrée à un concert des musiciens des deux rives du fleuve Congo, malgré l'absence de trois des pionniers de l'album intitulé « Terre Sacrée », a eu lieu à l'hôtel le Méridien de Brazzaville, le 28 juillet dernier.
On a pu relever quelques dysfonctionnements souvent liés à la technique, mais parfois aux caprices de certains artistes.
L'enthousiasme du public a largement contribué au bon déroulement de la soirée. Les spectateurs, gagnés par le sommeil et la fraîcheur de cette période de la saison sèche, ont été réchauffés par l'entrée en scène vers 22 heures de la charmante Elsa, de la génération montante évoluant à Pointe-Noire (deuxième ville du Congo). Une prestation qui a retenu l'attention des mélomanes quand elle a chanté Femme africaine, alors qu'ils attendaient plutôt Madilu Système depuis le début de la soirée.
Le grand Zangul, Roga Roga et son groupe prennent le relais quelques instants plus tard. Roga Roga interprète quelques titres de l'opus Terre sacrée, dont Sambila, et réussit à se faire accepter par les spectateurs.
Le très célèbre Papa Wemba, autrement dit Ekumani, aura été l'homme qui a volé la vedette de cette soirée culturelle. Il électrifie les mélomanes avec l'un de ses titres phares, Maman. Ainsi, le patron de Viva la Musica, réveille toutes les sensibilités. Un public qu'il tient en haleine sans relâche pendant son temps chronométré. L'on a reconnu à ses côtés le jeunes artiste Guy Guy Fall, un ancien du groupe Extra Musica qui évolue présentement avec Papa Wemba, qu'il considère comme le grand maître de la musique congolo-congolaise.
Alors qu'il était attendu en début de concert, l'ancien collaborateur de Luambo Franco, Madilu Système, monte sur scène à 2 heures du matin. Il apprécie l'initiative de Ferréol Gassackys qui a pensé réunir les musiciens des deux rives. « Terre sacrée m'a beaucoup inspiré. Par exemple la chanson que j'ai chantée, intitulée Mbonguana, aspire au changement. Pour moi, c'est un grand projet qui nous rassemble ici ce soir. Je souhaite longue vie à cet espace qui peut efficacement contribuer au rapprochement de nos peuples », a souligné Madilu Système.
Cet opus de neuf titres, interprété par « les plus belles voix congolaises », est sur le marché depuis le mois d'octobre 2006. Il est chanté par des musiciens connus, comme Papa Wemba, Ferre Gola, Madilu Système (RDC) et Casimir Zao, Roga Roga, Doudou Copa du Congo Brazzaville. Au cours de cette soirée, on a pu noter l'absence de trois d'entre eux, Casimir Zao, Doudou Copa, et Ferre Gola pour des raisons de calendrier. Ferréol Gassackys a souligné le fait que « Ferre avait donné son accord de principe. Mais, parce qu'à Kinshasa on lui a proposé un contrat plus intéressant, il a préféré laisser tomber l'événement de ce soir. » Cela aussi, hélas, caractérise les artistes congolais. Le réalisateur et compositeur de musique congolaise, Maïcha Munan, a rehaussé de sa présence la soirée.
Terre sacrée véhicule des messages très forts à travers des chansons, comme Mateya, chanté par Ferré Gola, qui expriment la vision d'une Afrique capable de renverser les tendances par son imaginaire musical. Une Afrique consciente de sa diversité culturelle, qu'elle brandit comme un atout. Ces musiciens ont chanté pour un retour aux valeurs instructives, moralisatrices et éducatrices. Longue vie à Terre sacrée, dont la prochaine production pourra connaître l'arrivée de bien d'autres voix sans exclusion aucune, selon le talent de chacun. « Je n'ai pas ni limite ni a priori, je suis très ouvert. C'était un coup d'essai. La musique moderne doit être une mosaïque de plusieurs genres, y compris le Hip hop », a déclaré le producteur, manager et créateur de Terre sacrée, Ferréol Constant Patrick Gassackys.
Jean Dany Ebouélé
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