Dolisie, Congo - Un collectif d'une quarantaine de partis de l'opposition, de la majorité présidentielle et de la société civile a appelé jeudi le gouvernement du Congo à annuler "purement et simplement pour la crédibilité", les élections législatives dont le deuxième tour s'est déroulé dimanche dernier, a-t-on appris de source proche de l'opposition.
"Les mots nous manquent pour qualifier ce que nous appellerons un cuisant échec. Depuis le 24 juin (date du premier tour), il y a eu beaucoup d'expressions pour qualifier ces élections : mascarade ou panacée électorale, désordre, pagaille, élections de la honte, élections chaotiques et scandaleuses", a affirmé le président de ce collectif, Clément Miérassa.
"Jamais une élection n'a été organisée de manière aussi hasardeuse", a-t-il ajouté, au cours d'une conférence de presse à laquelle ont pris part plusieurs responsables de l'opposition qui avaient conditionné leur participation aux législatives par la mise en place d'une commission électorale indépendante.
La quasi-totalité des partis membres du collectif ont boycotté le vote et estiment à présent qu'ils avaient raison, parce que, d'après M. Miérassa, le taux d'abstention aux législatives a été supérieur à 85%.
Au terme du vote, a relevé le collectif, plusieurs requêtes introduites à la Cour constitutionnelle par certains candidats portent essentiellement sur la fraude massive, le transport des électeurs, l'achat des consciences, la corruption, le bourrage des urnes et l'existence de bureaux de vote clandestins.
"Tout le monde crie au voleur, y compris les ministres candidats qui ont pourtant participé, approuvé et mis au point le système d'organisation", a déclaré M. Miérassa.
Il a, à ce propos, appelé la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC, dont le Congo assure la présidence en exercice), l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE) et particulièrement la France "à ne pas reconnaître cette élection et de ce fait l'Assemblée qui en découlerait".
Les législatives doivent permettre de renouveler les 137 sièges à l'Assemblée nationale congolaise.
Le premier tour du scrutin, le 24 juin, a vu une large victoire du Parti congolais du travail (PCT) du chef de l'Etat Denis Sassou Nguesso et ses alliés qui ont raflé 50 des 53 sièges, les 3 autres revenant à l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) de l'ancien président Pascal Lissouba.
Les observateurs internationaux et nationaux ont relevé de nombreux dysfonctionnements lors de ce vote, qui ont contraint les autorités à convoquer des partielles, les 8 et 15 juillet, dans 19 circonscriptions.
"Les irrégularités et les dysfonctionnements n'ont pas pu être corrigés entre les deux tours du vote. En dépit des efforts fournis par les autorités compétentes de la République du Congo pour une meilleure organisation du deuxième tour du scrutin législatif, les résultats escomptés n'ont pas été atteints", ont dénoncé les observateurs de l'UA, dans un communiqué publié mardi dans la capitale congolaise.
Ces observateurs ont soutenu que l'institutionnalisation et le renforcement d'une structure unique, permanente et indépendante pour l'organisation des élections devrait faire l'objet d'une décision urgente de la part des autorités congolaises.
Le Congo doit organiser les élections sénatoriales et locales en janvier 2008 et la présidentielle en 2009.
Dolisie - 09/08/2007
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