MUSIQUE Madilu conduit à sa dernière demeure au cimetière de la Gombe2007-08-23 18:39:15 par DIGITALCONGO.NET La dépouille mortelle de Madilu Bialu a été inhumée mercredi au cimetière de la Gombe à Kinshasa en présence de milliers d'admirateurs.
On ne verra plus l'artiste Jean de Dieu Madilu Bialu dont la dépouille mortelle a été inhumée mercredi vers 15 heures au cimetière de la Gombe à Kinshasa. Après la messe de suffrages dite à la cathédrale Notre Dame du Congo (Ndc) par Mgr Dominique Bula Matari, Evêque auxiliaire de Kinshasa chargé de la région apostolique Est, le long et interminable cortège mortuaire s'est dirigé difficilement vers ce cimetière en dépit de la forte mobilisation des forces de l'ordre, à cause de l'embouteillage dû à la présence nombreuse des Kinois qui ont pris d'assaut la cathédrale et rassemblés le long du parcours de ce cortège.
Le caveau couvert de carreaux qui a accueilli le corps de cet artiste a été aussi entouré de centaines de personnes qui se sont rendu au cimetière avant l'arrivée du corps en présence de M. l'abbé Yves Koko, Curé de la paroisse St Charles Loanga à Bandalungwa mais natif du bouillant quartier Matonge dans la commune de Kalamu qui a vu éclore la plupart d'artistes musiciens congolais dont Papa Wemba et même Madilu( « Un deux trois », le siège de l'orchestre Tp Ok jazz où il a aussi évolué se trouve dans ce quartier). C'est ce prêtre qui a eu le privilège de bénir cet ouvrage. Mais avant ce lieu du repos éternel, et la cathédrale, Madilu a été décoré au stade de Martyrs d'une médaille de mérité artistique par le Général Mabiala, Chancelier des Ordres Nationaux.
Mais à l'église, parmi les témoins, on a reconnu la présence de l'Ambassadeur Théodore Mugalu, chef de la Maison civile du chef de l'Etat, représentant ce dernier, M. André Kimbuta, Gouverneur de la Ville de Kinshasa, M. Edouard Mokolo wa Mpombo, Premier vice-président du Sénat, de plusieurs ministres, parlementaires et autres anciens membres du parlement, du gouvernement,le Général Mabiala ainsi que le Général jean- de Dieu Oleko, Inspecteur provincial de la Police /Ville de Kinshasa (Ipk) étaient aussi de la partie.
Il ne faudra pas aussi oublier la présence des plusieurs délégations de la République du Congo- Brazzaville, notamment avec les membres du Secrétariat général du Festival panafricain de Musique (Fespam), du Gabon, de l'Afrique du Sud, de l'Angola avec Sam Mangwana, de la France, de la Suisse, de la Belgique, des Etats-Unis d'Amérique avec Jossart Balezi de la Maison Ktc qui a produit l'un des derniers albums Madilu.
De leur côté, réunis comme un seul homme, les artistes congolais en général, les musiciens en particulier, présents dans la capitale congolaise se sont mobilisés pour rendre hommage à leur collègue. Ils étaient tous là : Wendo Kolosoy (donné pour mort), le sculpteur Liyolo, Nyboma Canta, Tabu Ley, Fally Ipupa, JB Mpiana, Werrason, Le Karmapa, Manda Chante, Koffi Alibaba, Savanet Depitshou, Jean Goubald,Adolphe Dominguez...
Leurs collègues venus de l'intérieur n'ont pas voulu maquer à ce rendez-vous d'adieux de Madilu. Ainsi a -t-on par exemple aperçu les délégations du Bas -Congo, du Katanga.
« Nous ne sommes pas réunis ici pour suivre un concert de Madilu. Nous sommes rassemblés ici pour canaliser son dernier voyage. A ce jour si vous vous présentez à son adresse vous ne verrez plus. La mort c'est pour tout le monde et celle-ci demeure un mystère de Dieu.
Lorsque quelqu'un meurt, malgré son âge, c'est le sentiment d'inachevé, a dit le prédicateur, M. l'abbé Madimba, recteur du Collège Bosembo qui a partagé axé sa prédication sur l'extrait de la lecture du livre de Mathieu, au chapitre 25 du 14 au 30ème versets, relatif à la « Parabole des talents ».
« Si nous avons choisi cette lecture, c'est parce que Madilu avait des talents, a dit l'abbé Madimba qui a fait une analyse de quelques œuvres du « Grand Ninja ». Celui-ci, a-t-il affirmé, a chanté non seulement pour faire danser mais aussi pour éduquer les masses, soulignant notamment que Madilu a fait entrer une nouvelle thématique dans la musique, thématique, a-t-il dit, basée sur les faits sociaux particulièrement sur le comportement de congolais en Europe congolaise.
Pour ce faire, il a cité quelques exemples en commençant « Frère Edouard ». Chrétien et Bilbe toujours collée sous les aisselles, refuse de pratiquer le partage le pardon. Si dans « Mario » Franco a chanté la vie des hommes mais Madilu, en ce qui le concerne peint le comportement d'un homme qui abandonne sa femme et ses enfants dans « Philipo ».
Et le prêtre d'interroger chacun des membres de l'assemblée : « Toi tu n'as pas abandonné ta famille ? » avant d'aborder :« Ngai Omega », l'une des dernières trouvailles de Madilu, contenue dans l'album « Bonne humeur », une des chansons prémonitoires dans laquelle il laisse une sorte de testament :« Jamais mes enfants chez mon rival »(Bana na ngai epai ya mbanda te). Dans la même chanson il chante le travail. (Apprenez-moi à travailler au lieu de continuer à me faire des dons».
L'abbé Madimba a aussi analysé les chansons, « Assistance sociale », « Vieux Samy », « Mère intercesseur», « Gigolo ».
Pour conclure sa prédication, il a présenté Madilu comme un fin blagueur qui semait autour de lui de l'entente avant d'appeler au soutien des musiciens de Madilu car ils vont en chômage, évoquant l'expérience d'autres ensembles comme Empire Bakuba, qui n'a pas survécu à la mort de leurs leaders.
Boni Tsala /MMC
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