BRAZZAVILLE - Un train qui avait été attaqué et bloqué par des ex-rebelles du département du Pool (sud-est) alors qu'il reliait Pointe-Noire (sud-ouest), capitale économique du Congo, à Brazzaville, est finalement arrivé à destination tard mercredi soir, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le convoi du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO), parti lundi de Pointe-Noire, avait été bloqué dans la soirée à Mindouli (140 km à l'ouest de Brazzaville), par des miliciens du pasteur Frédéric Bintsamou, dit "Ntumi", qui y ont combattu l'armée congolaise de 1998 à 2003, date de la signature d'un accord de paix.
"C'était vraiment le calvaire", a témoigné un passager souhaitant rester anonyme. Les "ninjas", armés, ont maltraité des passagers, hurlant et dépouillant certains de leurs biens. "Ceux qui tentaient de résister ont été passés à tabac, mais personne n'a été pris en otage", a raconté ce passager à l'AFP.
Selon une source hospitalière jointe par l'AFP, un homme a été hospitalisé lundi soir après avoir été grièvement blessé par balle dans le train.
Lundi, le pasteur Ntumi, retranché depuis dix ans dans son fief du Pool, n'avait pu rentrer comme prévu à Brazzaville pour y prendre ses fonctions de délégué général chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre, malgré d'ultimes tractations avec les autorités.
Il avait été nommé en mai par le président Denis Sassou Nguesso, dans le cadre d'un accord politique arraché avec difficulté.
Au moins deux ex-rebelles venus accompagner le pasteur Ntumi avaient été tués lundi soir par les forces de l'ordre venues disperser les ex-combattants et leurs familles, rassemblés à l'entrée sud de Brazzaville.
Le porte-parole du pasteur Ntumi, Anné Philippe Bibi, avait reconnu mercredi la responsabilité des miliciens dans l'attaque du train et assuré avoir envoyé une délégation pour débloquer la situation.
Selon Joseph Mbizi, autre responsable du Conseil national des républicains (CNR), nom de l'ex-rébellion transformée en parti politique, le pasteur Ntumi s'est rendu mercredi à Matoumbou (50 km à l'ouest de Brazzaville) pour faire libérer la voie, bloquée par un autre groupe d'ex-miliciens.
Une fois le train reparti de Mindouli, mercredi, "le trajet s'est fait sans encombre", a rapporté le passager interrogé par l'AFP.
Long de plus de 510 km, le CFC0, principale voie de communication terrestre entre Brazzaville, sur les rives du fleuve Congo, et Pointe-Noire, sur la côte Atlantique, a été mis en service en 1934 par la France, alors puissance coloniale.
La voie ferrée et ses installations ont été endommagées durant la guerre civile, et le trafic perturbé et plusieurs fois interrompu après des attaques meurtrières contre les trains par des miliciens du pasteur Ntumi.
Par ailleurs, un groupe de députés et sénateurs, de la majorité présidentielle, et de cadres originaires du Pool ont appelé mercredi soir le pasteur Ntumi et ses partisans à "respecter l'esprit de l'accord" signé avec le gouvernement, et ont dénoncé les exactions des miliciens.
(©AFP / 13 septembre 2007 13h25)