Il a eu par moments à subir les rigueurs de la loi à cause des œuvres obscènes, il avait été jeté en prison à une certaine époque. Libéré, il prit sa revanche plus tard en égratignant celui qui l'avait incarcéré en composant « Tailleur ».
Les amoureux de la rumba Odemba ont certainement eu une pensée pieuse pour Luambo Makiadi le vendredi 12 octobre 2007. En effet, ce monument de la musique congolaise est décédé un certain 12 octobre 1989 à l'âge de 51 ans. Luambo disparu, le TP OK Jazz, son groupe a survécu l'espace d'un matin. Mécontents de la clé de répartition des revenus du TP OK Jazz proposée par la famille biologique du défunt, Lutumba, Ndombe, Makoso, Kiambukuta et consorts sont partis créer Bana OK. Qui plus tard va être secouée par de nombreux départs. Soucieux de pérenniser l'œuvre de son « père », Youlou Mabiala n'est jamais parvenu à relever le défi. « Mwana Luambo », qui a même pris pour épouse une des filles de Franco, se trouve en Europe pour des soins de santé.
Aux dernières nouvelles, l'état de santé de Youlou serait moins préoccupant. La maladie de Youlou a fait couler beaucoup d'encre.
Que retenir dix huit ans après ?
Peu présent dans les mémoires des jeunes d'aujourd'hui, Luambo et un autre monument en la personne de Tabu Ley nous ont gratifié des œuvres de qualité. Luambo a eu le mérite de prendre les réalités sociales congolaises. Il l'a fait avec beaucoup d'humour.
Sa discographie est abondante. On peut citer pêle-mêle : « Non », « Mamou », « Tailleur », « Frein à main », « Caterpillar », « Course au pouvoir », « Mario », « Makambo ezali minene et tant d'autres encore.
Chantre attitré du régime du MPR, il a eu par moments à subir les rigueurs de la loi à cause des œuvres obscènes, il avait été jeté en prison à une certaine époque. Libéré, il prit sa revanche plus tard en égratignant celui qui l'avait incarcéré en composant « Tailleur ». Guitariste, interprète, auteur compositeur, Luambo a légué à la postérité l'image d'un self made man.
(Yes)
Jean-Pierre Nkutu/Le Phare