"Il y a six ans, ces terroristes n'étaient pas là. Quand les autres ont pris pied dans ce pays et dans la région, cela a été un coup de pouce aux terroristes", a-t-il déclaré dimanche soir à la presse, évoquant l'invasion américaine de mars 2003.
Visiblement désireux de ménager ses hôtes, qui cohabitent avec 150.000 militaires américains, le président, d'ordinaire volontiers provocateur, a fait preuve de retenue à l'occasion de cette visite.
"Les nations ne sont pas satisfaites des règles qui régissent désormais le monde. Elles réclament justice. Les nations d'Iran et d'Irak sont à la pointe de la justice, de la moralité et de la bonté", a-t-il assuré, selon les propos rapportés lundi par la chaîne de télévision publique iranienne.
TRIOMPHE DIPLOMATIQUE
"Jour historique à Bagdad", titre le quotidien officiel Iran, qui, comme l'ensemble de la presse pro-gouvernementale, fait une très grande place à l'événement. Certains n'hésitent pas à le qualifier de triomphe diplomatique, alors que les Etats-Unis accentuent leur pression pour isoler Téhéran.
D'autres y voient un moyen de détourner l'attention d'une inflation galopante à l'approche des législatives de mars, test grandeur nature de la popularité du président, qui briguera un nouveau mandat en 2009.
Le quotidien Etemad-e-Melli ne consacre ainsi que quelques lignes à sa visite et réserve sa "une" à la désignation du nouveau sélectionneur de l'équipe nationale de football.
Les Irakiens semblent eux aussi partagés. De nombreux membres de la minorité sunnite, qui soupçonnent Téhéran d'armer et d'entraîner les milices chiites qui s'en prennent à leur communauté, craignent qu'elle ne les isole davantage face à un pouvoir proche de Téhéran.
Comme l'Iran, l'Irak est majoritairement chiite, mais le premier est peuplé de Persans alors que le second est essentiellement arabe.
"Retire tes pattes non arabes d'Irak!", ont scandé dimanche des manifestants qui ont défilé à Falloudja, ville sunnite à l'ouest de Bagdad, tandis qu'à Nadjaf, centre historique du chiisme, au sud de la capitale, on applaudissait des deux mains.
"La visite d'Ahmadinejad est un grand événement profitable pour la nation irakienne parce qu'il renforce les liens entre les deux pays", s'est ainsi réjouit Mohamed Nassy, un vendeur de vêtements âgé de 27 ans.
Une dizaine d'accords bilatéraux doivent être signés ce lundi, notamment dans le secteur des transports ferroviaires et maritimes, selon Chirouane al Ouaeli, ministre irakien de la Sécurité nationale.
Version française Jean-Philippe Lefief