, alors nous pourrons transmettre le message que oui, le calme revient", a déclaré l'émissaire des Nations unies, Jan Eliasson.
"Pour que le maintien de la paix réussisse, il faut qu'il y ait une paix à maintenir", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse qui concluait deux jours de discussions au Palais des Nations à Genève.
Eliassson et son homologue de l'UA, le Tanzanien Salim Ahmed Salim, ont rencontré à Genève des négociateurs venus du Tchad, de l'Erythrée, de l'Egypte et de la Libye ainsi que des observateurs internationaux, pour faire le point sur les besoins de la région.
Les efforts pour mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 200.000 morts, selon des estimations, sont contrariés par les affrontements entre tribus, les tensions entre le Tchad et le Soudan, par les divisions entre factions rebelles ainsi que par les intérêts parfois contradictoires de la communauté internationale.
Le Darfour, une région grande comme la France, est en proie à une guerre civile depuis le début de 2003 quand les factions rebelles majoritairement africaines ont pris les armes contre le pouvoir de Khartoum, accusé de négligences.
La force hybride de l'UA et de l'Onu, baptisée Minuad (Mission de l'Onu et de l'UA au Darfour), a commencé à se déployer le 31 décembre mais seulement 9.000 hommes sont actuellement sur le terrain sur un total prévu d'environ 26.000 soldats et policiers.
SALIM FAIT ETAT DE PROGRES
"Nous avons pu accomplir certains progrès", a néanmoins déclaré Salim.
Selon les deux émissaires, deux des cinq factions rebelles présentes au Darfour se disent prêtes à rencontrer le gouvernement soudanais, une autre réclame du temps et les deux dernières ont posé des conditions préalables.
Le puissant mouvement rebelle JEM (Mouvement Justice et égalité) a récemment réclamé des négociations directes avec le gouvernement de Karthoum, arguant qu'il était la seule force rebelle viable.
"Nous sommes également confrontés à des revendications plus conséquentes", a expliqué Eliasson. "S'ils n'unifient pas leurs propres mouvements, alors nous espérons qu'au moins ils se mettront d'accord sur leurs positions".
Pour tenter de mater l'insurrection au Darfour, Khartoum a tenté de diviser les mouvements rebelles, ce qui a eu pour conséquence l'éclatement des groupes armés et une quasi-anarchie. Le gouvernement soudanais a également fait appel à des milices tribales arabes, les "djandjaouides", accusées de multiples exactions contre les populations civiles.
Les deux émissaires estiment aussi que la multiplication des incidents frontaliers entre le Tchad et le Soudan menace de compliquer encore davantage la recherche d'une solution pacifique au conflit.
Khartoum et N'Djamena se reprochent mutuellement de soutenir les rebelles de part et d'autre. Le président tchadien Idriss Déby accuse le Soudan d'avoir organisé l'assaut rebelle qu'il a repoussé début février à N'Djamena. De son côté, le Soudan a accusé à plusieurs reprises le gouvernement tchadien de soutenir les groupes rebelles du Darfour.
Le président soudanais Omar Hassan el Béchir et son homologue tchadien ont signé jeudi dernier à dakar un pacte de non-agression visant à mettre fin aux attaques transfrontalières dans un secteur comprenant notamment le Darfour.
"Pour que la paix soit durable au Darfour, une normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan est cruciale", a estimé Salim, qui a appelé les pays occidentaux à accroître leur aide logistique à la mission de paix.
Les experts estime que le conflit au Darfour a déraciné plus de 2,5 millions de personnes en cinq ans. Nombre d'entre elles se sont réfugiées au Tchad voisin.
Version française Mathilde Gardin