Dans un discours prononcé mercredi pour le cinquième anniversaire de l'invasion de l'Irak, le président américain George Bush, tout en reconnaissant le "coût humain et financier élevé" de la guerre, assurait de nouveau que les Etats-Unis étaient en train de remporter la victoire.
Le conflit irakien est l'un des principaux thèmes de la campagne présidentielle aux Etats-Unis.
Les deux candidats à l'investiture démocrate, Barack Obama et Hillary Clinton, souhaitent un retrait progressif des forces américaines tandis que leur rival républicain John McCain s'y oppose.
Vendredi, un soldat américain avait été mortellement blessé par des "tirs indirects", terme employé par les militaires américains pour désigner les tirs de mortier ou de roquettes.
SUPPLÉTIFS SUNNITES VISÉS
Six membres d'une milice locale financée par Washington ont en outre été tués samedi par les tirs d'un hélicoptère américain dans la province de Saladin, a-t-on appris auprès de la police et de chefs tribaux.
L'état-major américain a fait savoir que des vérifications étaient en cours.
L'armée attribue à ces groupes de "citoyens concernés", qui opèrent aux côtés de l'US Army, une grande part de la baisse des violences en Irak depuis un an.
Le raid de samedi a visé l'un de leurs points de contrôle dans la ville d'Ichaki, à une centaine de kilomètres au nord de la capitale, a indiqué à Reuters le chef tribal Abou Farouk.
"Les Américains savent que je contrôle toute cette zone. Tous mes hommes portaient des uniformes et ils ne tiraient pas, alors pourquoi cela a-t-il eu lieu ? Si nos points de contrôle sont ainsi visés, c'est un désastre", a-t-il dit.
Les quartiers de Chourta et d'Hay al Amil, dans le sud de Bagdad, ainsi que la ville de Kout à 170 km au sud-est, étaient calmes samedi matin, au lendemain de combats entre les miliciens chiites de l'Armée du Mahdi et les soldats irakiens et américains.
Après avoir imposé en août une trêve à ses miliciens, l'imam chiite Moktada al Sadr les a autorisés à riposter aux attaques. L'Armée du Mahdi se plaignait d'être pieds et poings liés face aux factions chiites rivales et aux soldats américains du fait de cette trêve.
L'armée américaine, qui redoute de voir un retour des violences à Bagdad alors qu'elle procède au retrait de 20.000 soldats, assure ne viser que les unités de l'Armée du Mahdi qui ignorent l'ordre de cessez-le-feu de Sadr.
Version française Jean-Philippe Lefief et Gregory Schwartz