José Cyr Ebina, administrateur général de l'hôtel Saphir à Brazzaville, entouré de son frère Jo Washington Ebina, jouant le modérateur, l'avocat de la famille, Me Jean Philippe Esseau, et de son oncle Claude Elali, frère de feu Charles Ebina, a déclaré à la presse : « la succession Ebina n'a pas d'autres objectifs que d'être rétablie dans ses droits. »
Il y avait du beau monde audiovisuel à l'hôtel Sueco où les radios et télévisions : DVS, DRTV, TPT, Télé Pointe-Noire pour Pointe-Noire ; La Semaine Africaine, Le Nouvel Observateur d'Afrique, Talassa pour la presse écrite nationale ; BBC Afrique, Africa n°1 et le journal du Consensus citoyen (www.kimpwanza.org) pour la presse internationale tous, invités à couvrir cette conférence de presse dont le seul but était d'éclairer la lanterne de l'opinion nationale et internationale sur cette affaire qui fait couler encre et salive.
Dans son mot liminaire, José Cyr Ebina circonscrit les faits, de la genèse au procès : « Dans le cadre de la privatisation, le Gouvernement de la République, par le biais du Comité de privatisation, avait lancé un appel d'offres, en 2002, pour la vente des actifs de l'hôtel Mbou-Mvoumvou. M. Charles Ebina était parmi les soumissionnaires et selon les critères établis, il avait fini par gagner le marché, devant des concurrents internationaux. »
D'ailleurs, a-t-il poursuivi : « cet exploit lui avait valu les félicitations du Président de la république, Son Excellence Denis Sassou Nguesso, qui reconnaissait ainsi, les mérites de ce digne fils du pays. »
Ayant acquis, de la manière la plus régulière, les actifs de l'hôtel, suivant l'acte de cession des actifs signé à Brazzaville, en août 2002, acte établissant aussi, les échéanciers de paiement, Charles Ebina se mit, à investir dans l'hôtel, pour le réhabiliter progressivement.
Changement d'attitude
« Les mutations intervenues au niveau du Comité de Privatisation, avec le départ de l'ancien ministre d'Etat, Gérard Bitsindou et l'arrivée de l'actuel Premier Ministre Isidore Mvouba, président du Comité de privatisation, provoquèrent un changement d'attitude du côté du partenaire étatique. " constate le conférencier qui poursuit : " Alors qu'il payait les échéanciers tels qu'établis dans l'accord, même s'il avait accusé quelques retards, M. Charles Ebina fut l'objet de pressions et même de menaces de rupture de l'acte de cession, de la part du Comité de privatisation. "
Le malheur ne venant pas seul, Charles Ebina meurt : " Comme cela arrive dans toute famille qui perd un patriarche, la famille Ebina eut la peine à s'organiser, pour mettre tout de suite en place, sa succession, afin de faire face aux affaires du Groupe. C'est pendant ce moment de deuil, de douleur et de difficultés au sein de la famille, que le Comité de privatisation a mis en exécution ses menaces de rupture de l'acte de cession » s'indigne le conférencier.
Et le Groupe International Charles Ebina Yomvoula se confia à la justice
Me Jean Philippe Esseau, introduit une requête le 10 juillet 2006 au Tribunal de commerce de Brazzaville, où l'acte de cession des actes fut signé, aux fins de revendiquer l'hôtel ou l'indemnisation : « Le Tribunal jugea l'affaire contradictoirement, en présence des deux parties jusqu'à rendre son jugement, même si le Comité de privatisation brillait, souvent, par ses absences aux audiences » a précisé José Cyr Ebina.
Le jugement rendu, a donné raison à la succession Ebina. La décision du Tribunal est exécutoire, à partir du mois de mars 2008. Pour la succession Ebina, ce jugement est venu réhabiliter la mémoire de Charles Ebina : « C'est déjà une grande satisfaction morale. Et comme nous l'avons dit à Brazzaville, la succession Ebina en est humblement reconnaissante à Son Excellence Monsieur Denis Sassou Nguesso, Président de la République, dont les efforts de paix permettent l'instauration d'un Etat de droit dans notre pays » se félicite l'orateur.
Le rebondissement de l'affaire
Le Comité de privatisation fera appel mais, cet appel nous signale José Cyr Ebina est intervenu au-delà du délais requis. " Nous en avons les preuves. C'est là, une entorse que nous pensons que la Cour d'Appel ne manquera pas de prendre en compte » précise le conférencier qui poursuit : « Pour l'instant, la première audience de la Cour d'Appel sur cette affaire, a eu lieu, lundi 10 mars 2008, à Brazzaville. Et le Comité de privatisation, qui avait pourtant fait appel, n'y était pas présent. Il a brillé, une fois de plus, par une absence qui démontre sa négligence du traitement de cette affaire par la justice congolaise. »
Le combat se poursuit
Répondant aux questions des journalistes, José Cyr Ebina a indiqué que l'Etat est une personne morale, mais, il y a des agents de l'Etat qui ont reçu une parcelle du pouvoir du Président de la République qui posent des actes qui retombent sur l'Etat.
Pour Jo Washington Ebina : « le combat est juste, ce que nous demandons est que la vérité éclate et que la justice démontre les choses. »
Le combat des Ebina est un combat national comme le pense Me Jean Philippe Esseau « Regardez autour de nous, l'envahissement des opérateurs économiques étrangers. Ils viennent envahir le milieu national des affaires congolais, c'est-à-dire que les Congolais n'émergent pas comme il se devait. Il faut qu'il y ait un combat national des Congolais qui revendiquent ce qui est juste. »
Il est indéniable qu'aucun opérateur dans le monde ne peut laisser perdre un investissement aussi important que ce que les Ebina ont dépensé dans l'achat des actifs et dans la réhabilitation de l'hôtel Mbou-Mvoumvou. Ils ont foi dans les institutions de la République et sont convaincus que le Président de la République comprendra le sens de leur démarche et de leur combat pour leur rétablissement dans leur droit le plus légitime.
CHRIS MBEMBE ENVOYE SPECIAL
Tous droit de reproduction et de représentation réservés Kimpwanza