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Congo Brazzaville : Les mensonges de la Nouvelle Espérance
2008-04-23 12:12:52 par CGPLUS

Image de l\Depuis 2002, année de démarrage de son septennat, M. Sassou qui avait été élu sur la base du projet de société intitulé : Nouvelle Espérance, revient dans ses discours à la nation qu'il prononce soit devant le Parlement réunis en congrès tantôt, le 31 décembre de chaque année, sur les mêmes promesses qu'il avait faites pendant la campagne électorale.

Par exemple, les 40.000 emplois annuels, la fourniture ininterrompu d'eau et d'électricité, la sécurité des biens et des personnes (alors que l'évêque de Kinkala, Louis Portella Mbuyu venait d'être tabassé dans le Pool) et l'accès à moindre coût aux logements sociaux restent des voeux pieux, sinon de la poudre au yeux. D'un mensonge à l'autre sinon d'un disque rayé à un CD usé, voilà qui caractérise les messages d'un chef qui amuse la galerie. Pourtant le peuple n'est pas dupe !

Aujourd'hui, le constat est clair. M. Denis Sassou Nguesso vient de montrer ses limites en encourageant l'impunité et la délinquance économique. L'avenir se chargera de faire le tri entre toutes « les magouilles politiques » qui lui sont attribuées et de restituer tout leur sens aux multiples réseaux maffieux dont il serait le patron. Mais, d'ores et déjà, un fait parait inéluctable, l'urgence pour M. Denis Sassou Nguesso, pour l'intérêt du pays et des populations congolaises, de repenser la façon de faire la politique.


Cette nécessité est d'autant plus fondée que les trente années de règne sans partage et de dictature à peine voilée de M. Denis Sassou Nguesso n'ont fait que des malheurs chez nombre de Congolais, notamment les milliers de jeunes diplômés sans emplois qui croupissent dans le chômage et dans une misère sans nom.

Le discours sur l'état de la Nation a été un simple plat « réchauffé » que M. Denis Sassou Nguesso a proposé aux Congolais.

A la vérité, son dernier message sur l'état de la Nation, prononcé récemment par lui devant le Parlement réuni en Congrès, tout comme ceux des années passées, sont qualifiés aujourd'hui, par la plupart des Congolais, de blancs bonnets et bonnets blancs. En clair, comme il fallait s'y attendre, M. Denis Sassou Nguesso a proposé aux Congolais, le même discours d'il y a quelques années. Des promesses, des serments dévoyés et des utopies à foison. Ce discours « bien réchauffé » qu'il n'a cessé jusqu'ici de prononcer pour endormir et aveugler les Congolais, notamment les fonctionnaires qui attendent la suspension de la mesure impopulaire portant sur le rabattement des salaires et les effets financiers.


Au moment où le prix du baril de pétrole oscille autour de 100 dollars, cela représente une véritable poudre jetée sur la face des 3 millions de Congolais. En effet, ces messages où très souvent s'entrechoquent les ondes des contrevérités et celles liées à la volonté manifeste du gouvernement de M. Sassou de vouloir, coûte que coûte, désinformer et manipuler le peuple, n'intéressent plus nos compatriotes qui n'y trouvent pas jusqu'ici leur compte. Car, les nombreux problèmes auxquels sont confrontés les jeunes, - la couche la plus nombreuse de la population - sont irrésolus et voire oubliés par les gouvernants.


Quand M. Denis Sassou Nguesso évoque dans son message de cette année, de la baisse de la production pétrolière, il empêche aux Congolais de se poser la question de savoir ce que le gouvernement a réalisé avec tous les milliards que le pays a engrangé, quand la production pétrolière du Congo était très bonne et prospère.


Et, posons-nous la question de savoir si le Congo ne vit pas déjà dans son boom pétrolier à la faveur de la multiplication de nombreux cas d'enrichissement illicite, de détournement, de gabegie éhontée et de délinquance financière inqualifiable.


Qui ne voit pas ces milliardaires Congolais de la génération « Nouvelle Espérance », étaler leurs richesses et leurs villas cossues et innombrables à travers la ville !

Le président de la République aurait-il oublié ou ferait-il semblant d'ignorer que pendant que lui, les membres de sa famille, ses courtisans et leurs familles, organisent nuit et jour, des fêtes, des mariages, des anniversaires pompeux et ostentatoires et autres manifestations onéreuses qui coûtent énormément cher à l'Etat, le peuple congolais croupit quant à lui dans une pauvreté et une misère qui ont atteint un niveau inacceptable et incroyable.

Pourquoi cet esprit sadique et ce manque de philanthropie au moment où le pays a des moyens financiers pouvant permettre à notre gouvernement d'engager des initiatives pour lutter contre la pauvreté qui devient une véritable épidémie.


Pourquoi le président Sassou Nguesso évoque-t-il la question de la baisse de la production du pétrole quand on sait que quand le prix du baril est en hausse, on observe le statu quo et un grand silence. Et, quand le prix du baril baisse, c'est le moment choisi par M. Denis Sassou Nguesso et ses évangélistes d'informer le malheureux peuple congolais. Quelle manipulation ?

Aujourd'hui, la promesse faite aux jeunes diplômés sans emplois à qui M. Denis Sassou Nguesso avait promis 40.000 emplois fixes est devenu un grand mensonge grossier et odieux au moment où plus de 85.000 dossiers d'intégration des milliers d'étudiants finalistes, s'entassent dans les tiroirs poussiéreux de la fonction publique !


En effet, pour les 40.000 emplois promis aux jeunes, plusieurs experts relevant de ce domaine d'activités affirment ouvertement que ni les ministères de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, du Plan, ni les autres structures compétentes en la matière, ne pourront confirmer la création d'un tel nombre d'emplois au Congo.

Pire, aucune statistique fiable ne peut être publiée à ce jour par le gouvernement pour justifier ce nombre de 40.000.emplois déjà créés au Congo.


Et, de l'avis de nombreux observateurs avertis, si un tel nombre d'emplois avait été créé, le chômage des jeunes congolais ne se poserait plus, avec beaucoup d'acuité, aujourd'hui.


A qui veut-on faire plaisir par ce mensonge cousu de fil blanc ?


La mauvaise gouvernance dont le pays est de plus en plus victime, est injustifiée et imputable à M. Denis Sassou Nguesso et ses collaborateurs qui, très souvent, confondent la gestion des biens publics, ô combien sacrée, à celle des biens privés.

Pour preuve, les institutions de Bretton Woods dont le FMI reprochent à M. Sassou Nguesso et à son gouvernement, la gestion calamiteuse, chaotique et presque maffieuse des revenus pétroliers.


Pourquoi, le président Denis Sassou Nguesso n'a pas voulu aborder les questions liées au volet social des Congolais. En effet, il n'a pas évoqué, dans son discours de cette année, l'épineuse question liée à la valorisation des salaires des fonctionnaires, ni de la suspension des mesures ayant permis le rabattement de ces « petits salaires de misère », mesures qui datent, bien sûr, du régime déchu du professeur Pascal Lissouba.

Or, au nom du principe sacro-saint de la continuité de l'Etat, il est étonnant de constater que treize (13) ans après, aucun effort n'a été fourni par les gestionnaires actuels pour atténuer cette grosse épine qui pénalise les fonctionnaires congolais, qui demeurent encore sous payés, marginalisés, locataires à vie car incapables de construire une petite maison...

96% de fonctionnaires congolais seront des locataires à vie car avec le prix de la tonne de ciment qui ne cesse d'augmenter...

En outre, le panier de la ménagère a pris un grand coup avec l'augmentation brutale des prix des denrées alimentaires dans nos marchés. Les prix de la plupart produits alimentaires provenant de l'étranger et ceux produits localement ont connu et connaissent jusqu'ici une flambée extraordinaire, sans que cela ne préoccupe le gouvernement à qui revient la mission de protéger jalousement le panier de la ménagère.

Conséquence : dans de nombreux foyers à Brazzaville et à Pointe-Noire, le nombre de repas a été réduit à un !

Notre système éducatif est malade, moribond et à l'abandon depuis la fin de la guerre de 5 juin 1997.

En effet, naguère compétitif sur le plan de la formation et de l'éducation des citoyens, le Congo a été rattrapé par ses propres erreurs d'hier et d'aujourd'hui.

Le taux de scolarisation qui atteignait 98% entre 1967 et 1979, est aujourd'hui l'un des plus bas de la sous région. Cela se vérifie aujourd'hui par le nombre constamment élevé de jeunes congolais analphabètes qui pullulent dans nos familles.


Faute d'un bon statut, l'enseignant congolais très découragé et marginalisé, a fini par jeter l'éponge entraînant ainsi la fuite des cerveaux vers l'étranger.

Certains enseignants très ambitieux et audacieux ont émigré en masse vers les secteurs plus prospères et plus bénéfiques que sont les finances, la police, les FAC, la magistrature, le pétrole et surtout les institutions politiques qui brassent des milliards chaque année.

L'université Marien Ngouabi, le seul et l'unique établissement d'enseignement supérieur public, est plus que vieillotte, inadaptée et démodée depuis presque un siècle !

La construction des autres universi¬tés à Pointe-Noire, Loudima, Dolisie, Gamboma, Ouesso, Boundji, et à Impfondo par exemple, serait réalisée lors des travaux de la municipalisation accélérée qui, au lieu de prendre en ligne de compte, le volet Education, ont permis aux évangélistes et griots de « La Nouvelle Espérance » de mobiliser des milliards pour quelques « éléphants blancs » improductifs...

Il ne serait pas un péché de relancer le processus de déconcentration et de délocalisation de l'université Marien Ngouabi initié par le professeur Pascal Lissouba...

La loi scolaire 25-95 du 17 novembre 1995 régissant l'exercice privé de l'enseignement au Congo est constamment violée par nombre de promoteurs des écoles privées qui, dans la gestion de ces structures, allient le désordre à la maffia, au su et au vu des cadres maffieux et incompétents des trois ministères en charge de l'Education.


Dans le secteur de la Santé, certes, la gratuité des soins de santé au profit des malades du Sida et du paludisme - pour la mère et l'enfant de moins de 5 ans - a été proclamée urbi et orbi, cependant il y a lieu de souligner que les infrastructures et les équipements sanitaires font cruellement défaut. En effet, loin du prisme de Brazzaville, rien d'essentiel n'est visible et des efforts devront être fournis pour moderniser les équipements.

Dans la commune de Ouesso, à Ewo, Souanké, Mossaka, les populations sont obligées d'aller se soigner dans les villes limitrophes du Gabon, du Cameroun et de la RDC. Pire, dans la commune de Ouesso, par exemple, il est impossible aux malades de réaliser une simple échographie. La transfusion sanguine est inconnue faute de matériels appropriés. Et tout le reste à l'avenant.


En outre, sous payés et marginalisés, le personnel soignant demeure très insignifiant et démotivé. A cela s'ajoute, le redéploiement effectif des agents évoluant dans les services sociaux spécialisés qui se fait toujours attendre auprès des vieillards, des indigents, des impotents, des veuves, des orphelins et surtout des handicapés physiques et mentaux laissés à l'abandon. A preuve, le nombre élevé de malades mentaux et autres psychopathes qui occupent les carrefours de nos grandes artères. Des efforts du ministère des Affaires sociales sont attendus dans les meilleurs délais. En somme, le Congolais sérieux, conscient et non fanatisé peut aisément comprendre que le message du président Denis Sassou Nguesso n'a pas répondu à toutes les attentes du peuple.

Pour l'essentiel, il a été une occasion, pour M. Denis Sassou Nguesso, de reproduire les idées forces de ses discours antérieurs où les promesses et les utopies de tous genres se bousculent.


Pour les 40.000 jeunes diplômés sans emplois qui attendent leur premier emploi, le message de M. Sassou Nguesso représente une sorte de « provocation » car il est tout simplement un CD contenant de « nombreux refrains » bien connus et déjà entendus depuis la fin de la guerre.

Pour les retraités congolais, rien d'essentiel n'a été réalisé concernant leur situation.


Pour les étudiants, le taux de la bourse n'a pas changé et les conditions d'études et de formation n'ont pas connu de changements souhaités.

Pour les fonctionnaires qui touchent encore des « petits salaires de misère », le déblocage des effets financiers sur les salaires et les autres avantages sociaux n'ont pas été abordés alors que les prix des denrées alimentaires augmentent chaque jour. Cela est de constat notoire dans nos marchés de Brazzaville où les prix du poisson, de la viande font frémir les acheteurs moyens.


M. Sassou veut d'une chose et son contraire

M. Sassou parle de l'espérance sociale et de l'amélioration des conditions des peuples alors qu'il ne fourni aucun effort dans ce sens, la preuve : le panier de la ménagère a sérieusement galopé, tandis que les salaires sont restés les mêmes depuis les décennies, le CHU de Brazzaville s'est transformé en véritable mouroir où tout manque. Les Cours et tribunaux sont devenus des véritables centres d'affaires et des injustices où les plus faibles perdent généralement les procès au détriment des plus fort et fortuné en collaboration avec des magistrats véreux, que M. Sassou et son conseil de disciple n'ont jamais sanctionnés.


La force publique par ailleurs n'existe que de nom, car, elle n'arrive pas assumé la sécurité des personnes et des biens. La Bible déclare le mensonge a pour père le diable. Que dire de M. Sassou.


Attendons, peut-être, le discours de fin d'année, le 31 décembre 2007 à 20 heures, pour comparer, et voir si le même discours, le même CD de M. Denis Sassou Nguesso ne sera plus, encore une fois, proposé au peuple congolais qui vit le boom pétrolier depuis mars 2007 sans le savoir. A qui la faute ?

Nous y reviendrons.


Fall Zozhier

 


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