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ECONOMIE
Economie : les conséquences alimentaires en Afrique, suite a la flambée des prix du pétrole.
2008-05-08 13:29:15 par CGPLUS

Image de l\Avec l'augmentation effrénée du prix du pétrole et par effet de ricochet, du prix de gaz, il était prévisible que ces augmentations apporteraient des conséquences dans le monde entier, avec comme conséquence : l'augmentation des prix du panier de la ménagère. La récente flambée des prix du pétrole, vient de prouver la vulnérabilité alimentaire en Afrique.Appolinaire Noêl KOULAMA fait la synthèse et des propositions, à partir de l'article de Prao Yao Séraphin [1] intitulé « Le choc alimentaire »..


1) CONSEQUENCES A TIRER:

Prao Yao Séraphin commence par expliquer les besoins physiologiques, selon la théorie de la pyramide des besoins schématisés par le psychologue Abraham Maslow [2] : « Pour sa survie, l'homme a besoin de respirer, boire, manger, dormir, se réchauffer, tout ceci avant toute autre chose ».


La théorie du psychologue Abraham Maslow est une évidence, en somme, pour réussir à remplir cette survie vitale pour l'homme, les pays ont tout intérêt de s'investir dans l'agriculture. Les pays développés se sont en effet, penchés sur cette question vitale, après la crise alimentaire qui a sévit en Europe, après les guerres mondiales. Ainsi, une politique volontariste agricole sera soutenue pour nourrir toute une population.


Si nous regardons autour nous, on constate que, le nouvel Etat d'Israël avait tiré cette même conséquence (Etat qui était crée après la seconde guerre mondiale, par la Communauté des Nations en 1946). Ainsi le retour des Juifs vers la terre promise (la Shoah) confrontera les israéliens par une problématique, qui met en exergue leur survie alimentaire sur un territoire, relativement, désertique, où l'eau n'est pas une denrée à la porté facile. L'Etat d'Israël, va, donc, privilégier le développement de l'agriculture avant le développement de l'Industrie.


Par suite Prao Yao Séraphin tire des boulets rouges, sur l'amateurisme et l'incompétence des dirigeants africains et rappelle, que « les dirigeants africains viennent enfin, de comprendre la nécessité de développer l'agriculture de base ».


En effet, pour aller dans le sens de l'amateurisme et l'incompétence, imputés aux dirigeants africains par l'auteur, disons le clairement, les pays africains n'ont pas investis dans l'agriculture, aucune politique d'anticipation n'est constatée, qui pouvait permettre de prévenir, de façon efficace, des crises alimentaires. L'agriculture a été abandonnée au triste sort des paysans, sans accompagnement de formation et de technologie nécessaire, rendant ainsi l'agriculture africaine au niveau rudimentaire.


D'autre part : Bien que l'agriculture a, toujours, été reconnu, une priorité, mais, dans la réalité, les dirigeant africains se sont remarqués aux complexes liés au sous-développement, face au progrès technologique et industriel dans les pays riches, d'où leur boulimies de constructions pharaoniques : la résultante est l'endettement, la négligence de l'agriculture vivrière, à l'exception des pays comme le Burkina-Faso, le Mali etc..... Ceci étant, l'Afrique a, aussi, pensé résoudre les problèmes du développement, du chômage, en misant sur les petites et moyennes industries, devant l'agriculture et la pisciculture de survie, afin de donner du pouvoir d'achat et booster les économies. On est bien en face du chemin inverse poursuivi par l'Etat hébreux.


Or, le piège de l'industrialisation par rapport à l'agriculture et à la pisciculture, c'est qu'elle nécessite à la base, une main d'œuvre qualifiée abondante et une main d'œuvre instruite, avant tout investissement. Or, comme le démontre le Président brésilien Monsieur Lula, lors de son discours sur les biocarburants : « l'agriculture est une technologie simple, Il suffit de planter une graine d'un oléagineux, pour obtenir une plante ». Il est tout à fait certain, si les dirigeants africains étaient sérieux, dans les conditions de l'hydrologie et de la fertilité de nos terres, l'Afrique seraient exportatrice de l'agriculture, que de sa dépendance actuelle.


L'industrie agro-alimentaire, autrement dit, la conservation des aliments destinés pour l'alimentation vivrière, n'est pas mauvaise en soi, mais, dans ce créneau porteur, les pays africains vont être confrontés à une faible agriculture locale, incapable de fournir en quantité suffisantes, les matières premières nécessaires pour le fonctionnement de l'industrie agro-alimentaire, sans éviter un recours à l'agriculture extérieure. Deux inconvénients majeurs se dégagent : production insuffisante ou le recours au complément extérieur, avec des conséquences sur les prix à la consommation et sur le risque de faillite.


Dans tout état de cause, si les Etats africains veulent avoir une indépendance économique, il faut développer en amont, l'agriculture vivrière et la pisciculture, en effet, l'agriculture vivrière et la pisciculture sont des armes efficaces, que les occidentaux avaient déjà brandi, lors de l'invasion du Koweït par l'Irak, avec comme message : « Si Saddam Hussein augmente le prix du pétrole, nous augmenterons les prix des produits finis alimentaires et industriels ». Il nous faut, donc, sortir de la spirale de la dépendance alimentaire et de l'éventuel chantage de cette arme, ainsi d'être aussi capable de répondre aux famines dans les régions frappées de calamités naturelles, en Afrique.


Ainsi, nous pourrons éviter, la politique du Programme Alimentaire Mondiale (PAM) qui déversent, les surplus des pays occidentaux, dans le continent, dont la conséquence est le maintien de la dépendance des africains, et une arme fatale, qui est susceptible de nous empêcher de penser à survivre de nos propres moyens agricoles.


2) MESURES À PRENDRE :

Les Etats africains attendent, toujours, une révolution verte, cette révolution serait aussi mieux conduite, en revisitant le passé pour reconnaître nos erreurs. C'est pourquoi, nous proposons aux pays africains de sortir du bourbier des années 1970, où il eut de nombreux accords internationaux, tel que le rappelle Prao Yao séraphin sur « la responsabilité de la dette et des programmes d'ajustement structurels » :


Selon Prao Yao Séraphin, « Afin de contrer aux accords bidons signés par les pays africain dans les années 1960 : Accord I de Yaoundé (1960) et accord II de Yaoundé (1969), c'est ainsi, dans les années 1970, le mouvement des pays non alignés avaient élaborés des principes directeurs qui avaient abouti, à un ordre international en Afrique. Ce qui a permis de base à la stratégie de Monrovia (1979) et du Plan d'Action de Lagos (PAL) en 1980. »


Il complète en disant : « Le Plan d'Action de Lagos (PAL) préconisait un développement des Etats autonomes sous forme des intégrations régionales et répartitions des fruits de développement, mais les institutions financières internationales de l'occident en décidèrent autrement, dès 1981, avec une étude conduite par le Professeur E.T. Berg et son équipe représentant les dites institutions, dont son rapport annonçait les Programme d'Ajustement Structurel (PAS). En cette même année de 1980, la crise des dettes des PED donne l'occasion à la banque mondiale et au fond monétaire International, de bondir sur le programme d'ajustement Structurel du Professeur E.T. Berg et pour rembourser les dettes, on impose, aux pays africains, sous le Programme d'Ajustement Structurel (PAS) » :


• L'Ouverture des marchés
• Désengagement de l'Etat
• Suppression des subventions


Nous pouvons, donc, dire que, le Programme d'Ajustement Structurel (PAS) a provoqué, de conséquences lourdes, en Afrique, notamment, les Etats n'ont plus subventionné l'agriculture vivrière et la pisciculture, par conséquent, le paysan africain se retrouve sans ressources financières et matérielles : Un véritable coup dur contre l'agriculture vivrière et la pisciculture africaine. Pour tenter de répondre à la dette, les Etats africains vont misé sur l'agriculture de rente : le Café, le Cacao, le Thé, le Coton etc..... au détriment de l'agriculture et la pisciculture de consommation vivrière : C'est un autre coup dur.


A l'image de l'Afrique de l'ouest, où les 8 ministre des finances de l'Union économique monétaire de l'Afrique de l'Ouest (UEMAO) ont décidé de réunir 100 milliards de Franc CFA, pour résoudre les problèmes de l'agriculture dans la sous-région, les pays africains doivent penser, s'ils veulent s'en sortir, à élaborer des politiques agricoles au niveau local, au niveau régional et au niveau continental. Dans le « Jeune Afrique » du 05 mai 2008, le Président sénégalais Abdoulaye Wade dénonce l'efficacité de l'Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO) et demande sa suppression.
 
Selon le Président sénégalais, il fallait transférer l'institution de la FAO de Rome en Afrique, pour son efficacité. Cette expression ne peut que conforter le sentiment panafricaniste favorable à renforcer, rapidement, l'Union Africaine, afin de bâtir ensemble, une institution africaine agricole pour élaborer une politique agricole et défendre nos paysans.


En attendant d'y arriver à une institution africaine sur l'agriculture, les Etats doivent réorienter les politiques de luttes contre la pauvreté, en soutenant l'agriculture de survie et la pisciculture, Pour cela, une réflexion est nécessaire pour appliquer des politiques innovantes dans tout le secteur agricole (vivrier et de rente) et de l'industrie agro-alimentaire.


Cependant, il est à l'heure actuelle, difficile de parler de l'agriculture, sans parler de l'environnement et des biocarburants, ce qui justifie d'avantage, la nécessité des politiques innovantes sur l'agriculture. En cela, il nous suffira de résoudre la problématique, comment pouvons nous avoir des devises à partir de l'agriculture de la rente et en même temps, avoir une agriculture vivrière suffisante ?


Il nous faut être capable de répondre à cette question, en effet, l'Afrique qui vient de prouver sa vulnérabilité agricole, face à la flambée des prix du pétrole doit tirer des conséquences, en effet, l4afrique est une terre promise de biocarburant, mais, les coût de production des biocarburants sont plus élevés que le pétrole (donc tendance à pousser vers le haut d'autres produits) d'une part et d'autre part, l'Afrique n'a pas encore colmater les brèches de son agriculture moribonde.


Mais, dans l'urgence, les Etats doivent mettre à la disposition du paysan africain les moyens financiers et matériels nécessaires, et les accompagner, individuellement, ou collectivement pour les coopératives, dans leurs aventures, pour limiter la vulnérabilité de notre consommation alimentaire.


3) CONCLUSION :

Le continent africain est, majoritairement, rural, donc le développement de l'agriculture devrait être une réelle priorité, pour lutter contre le chômage, la pauvreté et l'exode rural, qui ne fait que reculer nos campagnes.

En résolvant les problèmes de l'agriculture vivrière, l'Afrique pourra espérer des économies de l'ordre de 60%, et donc, investir d'avantage dans les politiques sociales.

L'Afrique doit résoudre le dilemme, Terres fertiles et lac d'eau abondant, en même temps, les hommes meurent de faim et les poissons meurent de vieillesse.


Les africains doivent se décomplexer, en privilégiant la préférence à la consommation vivrière africaine, devant les produis occidentaux, au delà de ce patriotisme économique, il est important de savoir, concernant la bonne croissance humaine, il y a une certaine harmonie entre l'homme, et les produits vivriers, que lui fournit l'environnement, immédiat, qui l'entoure.


Appolinaire Noël KOULAMA
Blog : http://africdossier.oldiblog.com


Note :

[1] Prao Yao Séraphin est l'auteur de l'article « Crise Alimentaire » sur lequel nous avons fondé notre synthèse et élaborer nos propositions.
Président du MLAN
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

[2] Abraham Maslow élabore sa théorie, à partir des années 1940 sur la motivation alimentaire en 5 points :


- Disponibilité (Production intérieure, Capacité d'importation, stockage et aide alimentaire)

- Accès (dépend du pouvoir d'achat et de l'infrastructure disponible)
- Stabilité (des infrastructures et aussi stabilité climatique et politique)
- Salubrité, Qualité (hygiène, principalement accès à l'eau)

 

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