MUSIQUE Congo/Musique : Les obsèques de Rapha Boundzéki2008-05-21 19:24:36 par Kimpwanza La famille musicale congolaise est en deuil, avec la disparition, le samedi 10 mai 2008, au centre hospitalier et universitaire de Brazzaville, des suites d'une crise cardiaque, à l'âge de 46 ans, de l'artiste musicien, Rapha Boundzéki (Bernard Boundzéki à l'état civil ).Rapha Boundzéki dit "Aphara" avait choisi de s'installer à Pointe-Noire depuis 1998, suite aux évènements socio-politiques qui avaient secoué les quartiers Bacongo et Makélékélé.
Revenu récemment, à Brazzaville pour percevoir ses droits d'auteurs au B.c.d.a ( Bureau congolais des droits d'auteurs), il n'a pu entrer, en possession de ses droits, qu'il ne perçoit plus depuis plusieurs années. Ce qui l'a mis en courroux.
Rentré chez lui, il a piqué une crise d'hypertension. Conduit au centre hospitalier universitaire de Brazzaville, Rapha Boundzéki a succombé à une crise cardiaque. Il faut dire que depuis quelques années, les conditions de vie de Rapha Boundzéki s'étaient dégradées. Il n'en était plus réduit qu'à faire la manche, à Pointe-Noire, perdant ainsi son statut de l'un des meilleurs artistes congolais les mieux organisés socialement dans la décennie 80-90. L'expropriation de sa maison située dans la zone aéroportuaire de Pointe-Noire, en 2005, pour laquelle, Rapha Boundzéki, n'avait encore reçu le moindre centime n'a fait qu'enfoncer le clou de ses souffrances.
Pour votre gouverne, Bernard Boundzéki a vu le jour, le 4 août 1961, à Brazzaville où il a fait ses débuts dans la musique au début des années 1980. Après avoir fait partie de plusieurs ensemble musicaux Brazzavillois et Ponténégrins, Rapha Boundzéki opte pour l'orchestre Viva Mandolina, qui le révèle au public, grâce à la chanson "Christianisé" (1987), un véritable chef-d’œuvre. Le titre "Parisien refoulé", fera de lui, l'artiste le plus populaire du Congo. Les thèmes de ses chansons, son accoutrement, et sa manière de chanter le distingue des autres artistes musiciens du pays et lui font gagner une place au soleil dans ce milieu assez compliqué.
En 1989, il se lance dans une carrière solo et sort l'album "Résultat du dimanche" avec l'apport des chanteurs de l'autre rive du fleuve Congo : Debaba, Carlyto et Défao. Son inspiration ne s'arrête pas là, il sort d'autres albums qui vont faire tâche d'huile et dont le gain profitera aussi à Jacquito Wa Mpungu, comme : "Matéya", "Le départ pour l'école", "Origine de la sape" ; avec la participation de Papa Wemba ; "Parisien retenu".
Les guerres à répétition que le Congo a connu freineront son élan, et les albums qui vont suivre comme "Sapologie", "Régime sans sel", "La misère du chauffeur", ne feront pas boule de neige. Grâce au producteur Max Tundé, Rapha Boundzéki s'est produit plusieurs fois, en France, mais sur le plan financier, il n'a pas trouvé son compte. A noter que, l'album posthume de Rapha Boundzéki à paraître bientôt s'intitule : "Sapologie 3", une production signée Max Tundé.
Signalons que pour lui réserver des obsèques dignes, un comité d'organisation dirigé par l'artiste musicien Auguste Fall Mpandzou a été mis place, par le ministère de la culture, le 15 mai dernier, il est constitué des artistes ainsi que de quelques membres de sa famille, dont son père Victor Mabenga et de l'artiste Stany Rodriguez. Ces obsèques auront lieu, le vendredi 23 mai et, le lieu de l'inhumation reste à déterminer.
La rédaction de Kimpwanza, présente les condoléances les plus attristées à la famille du disparu ainsi qu'aux artistes congolais.
Nimrode ASSOWA
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