MONDEZimbabwe : Robert Mugabe peut compter sur l’Afrique du Sud, la Chine et la Russie 2008-05-26 14:20:35 par AEM Les réfugiés zimbabwéens ont payé le plus lourd tribut des violences xénophobes qui ont fait 50 morts et plus de 50.000 déplacés en Afrique du Sud. Un bilan pas étonnant, car ce pays a accueilli entre 3 et 5 millions de réfugiés du Zimbabwe sans que cela ne suffise à amener son gouvernement à durcir sa position vis-à-vis du régime de Robert Mugabe. Le 11 avril, le vice-ministre des affaires étrangères Aziz Pahad déclarait : « Le Zimbabwe n’est pas la dixième province de l’Afrique du Sud.
Notre gouvernement ne peut pas demander à un chef d’État de se retirer, de quel droit le ferions-nous ? Nous ne pouvons pas imposer notre vision à un autre pays ! ».
Bien qu'il soit critiqué dans beaucoup de pays et qu'il soit carrément honni en Europe, Robert Mugabe dispose des soutiens de taille : trois de ses alliés siègent actuellement au Conseil de Sécurité : la Chine, la Russie et l'Afrique du Sud qui a été reconduite pour la deuxième année consécutive sur son siège de membre non-permanent. Ce dernier pays est accusé depuis longtemps de mener une « diplomatie silencieuse » à l'égard de son voisin, dont le président Thabo Mbeki est un ancien camarade de la lutte contre la domination blanche. Un allié de taille qui n'a pas hésité à déclarer en avril qu'il n'y avait pas de crise au Zimbabwe.
Le 16 avril 2008, lors d'une réunion mixte ONU /Union Africaine, Thabo Mbeki s'était prononcé contre toute intervention militaire de l'ONU au Zimbabwe. Deux semaines plus tard, l'Afrique du Sud, la Chine et la Russie, votaient contre un projet de résolution du Conseil de sécurité en faveur d'une intervention de l'ONU au Zimbabwe. Et pourtant le syndrome kenyan hantait tous les esprits surtout quand le 29 mars 2008, le dirigeant de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, avait revendiqué la victoire sur le président sortant Robert Mugabe comme pour prévenir un résultat inverse que l'opposition entendait dénoncer. En guise de réponse, le pouvoir de Mugabe aurait recouru à l'intimidation sur base de répression : le parti de l'opposition, le MDC (Mouvement pour le Changement Démocratique) a estimé à 15 le nombre de ses militants tués, et à 200 partisans ceux qui auraient été arrêtés sans inculpation.
Vendredi 2 mai, la ZEC (Commission électorale du Zimbabwe) a enfin annoncé les résultats après recomptage des voix : 47, 9% des voix pour Morgan Tsvangirai (MDC) contre 43,2% pour Robert Mugabe (Zanu-PF, Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique). Des chiffres proches de ceux avancés dès la fin des élections par certaines sources diplomatiques informées par des observateurs internationaux présents lors des élections. Les chances de maintien de Mugabe au pouvoir, y compris par les armes, existent bel et bien comme le disent ces propos de l'intéressé prononcés en 1976 rappelés par Martin Meredith, auteur d'une biographie récente sur le président zimbabwéen, dans une chronique du Newsweek : « Nos votes vont de paire avec nos armes. Après tout, chacun des votes que nous obtiendrons sera le produit d'une arme. ».
Préoccupant quand on apprend, selon le journal Nyasa Times, que le Zimbabwe aurait trouvé un moyen de récupérer une cargaison d'armes qui errait depuis quelques semaines au large des côtes d'Afrique. Le navire, en provenance de Chine a enfin pu mouiller dans le port de Luanda, en Angola. Selon certaines sources, un plan imaginé par la Chine, le Zimbabwe et le Malawi a prévu que les armes devraient être vendues au Malawi comme faisant partie du contrat de défense de 4 millions de dollars récemment signé par la Chine et le Malawi. Ces armes seraient ensuite acheminées vers le Zimbabwe, qui trouverait là un moyen de détourner l'attention sur cette livraison.|Sophie Botha (AEM)
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