Des joueurs plus aguerris en firent les frais : Arnaud Clément, Luis Horna, Jurgen Melzer, Ivan Ljubicic et enfin l'Espagnol David Ferer en quart de finale, 6-3, 3-6, 6-3, 6-1.
Gaël Monfils ne faisait pourtant pas figure de favori avant le tournoi de Paris. Richard Gasquet, Benneteau, Chardy, PHM, Jo-Wilfried Tsonga étaient mieux placés dans les pronostics des médias. Des pépins physiques et des changements intempestifs d'entraîneurs semblaient avoir mis à mal les chances de Gaël Monfils de faire bonne figure dans ce tournoi. Certains sont allés jusqu'à stigmatiser sa passion pour les jeux vidéo dont on disait qu'elle prenait à Monfils le temps qu'il aurait dû consacrer aux entraînements.
Et pourtant, le 59ème joueur mondial s'est hissé mercredi 4 juin jusqu'à la demi-finale, au bout de plusieurs heures d'un duel harassant et Monfils, sembla grimacer de fatigue, se cantonnant de renvoyer des balles du fond de court. Peut-être un coup de bluff de la part de cet amateur de poker ? En tout cas l'Espagnol a tenté plusieurs fois de le faire jouer sur ses revers et surtout de le faire courir pour l'épuiser, mais c'était sans compter avec l'endurance de son jeune adversaire en grande forme physique. Monfils avait la rage de vaincre. Il déclara carrément que son objectif n'était pas d 'aller en finale, mais plutôt de gagner le tournoi. Malheureusement, vendredi, malgré une série d'aces et de coups durs portés à son adversaire suisse Roger Federer, l'ambition de Monfils s'est éteinte, mis sous l'étouffoir du numéro un mondial, et non sans mal. Son entraîneur Thierry Champion, qui espérait comme tant de supporters que son protégé rééditerait l'exploit de son aîné, 25 ans après, devra patienter.
D'un père guadeloupéen et d'une mère martiniquaise, Gaël Monfils a grandi à la Courneuve. Dans la vie pas toujours facile des cités, il s'est mis au tennis à 4 ans. Aujourd'hui, entouré de toute sa famille, il a enfin pu savourer la gloire grâce à son parcours à Roland-Garros. De quoi conforter les comparaisons récurrentes à Yannick Noah : La même vigueur dans le jeu, le même goût de la mise en scène avec lancer de raquette, danse sur le court et lancer de tee-shirt à un public en folie... Mais cela n'a pas suffi à Monfils pour connaître le même destin glorieux, au moins cette fois. | Sophie Botha (AEM)