Il faut vraiment être stupide et étonnement peu curieux pour ne pas voir derrière cette ultime manœuvre du prince machiavélien de Mpila un moyen désespéré pour tenter une fois de plus d'envoyer un signal en direction de la communauté internationale à effet de prouver qu'il garde toujours la main sur ce pays et ce peuple qui l'a totalement vomi (un combat de dupes ?).
Dans la tourmente depuis quelques temps (menaces de plus en plus précises de la CPI qui le guète à cause de la brûlante affaire du génocide des disparus du Beach, rejet total de son fameux RMP suivi d'une belle humiliation aux du monde entier suite à la forte abstention aux dernières élections locales et sénatoriales - avec un taux d'abstention record de 95% dans tout le pays, violents incidents qui ont éclatés à Pointe-Noire lors des obsèques de M. Jean-Pierre Thystère-Tchicaya...), notre dictateur et sanguinaire endurci qui croyait (pourtant) que plus aucun congolais ne pouvait se lever et le braver publiquement au grand jour, tente aujourd'hui de se remettre en scelle en manipulant quelques « sages vilis ».
Une opération de communication politique soigneusement préparée et hautement médiatisée pour donner toutes les apparences (trompeuses) et toute la crédibilité (fallacieuse) d'un geste de repentance du peuple vili dans son ensemble à travers les « sages ». Mais chacun sait qu'en réalité il ne s'agit là que d'une grossière manœuvre politicienne parfaitement orchestrée et secrètement négociée (monnayée) à coup de quelques centaines de millions de pétro francs CFA.
Et là où Sassou et ses fameux conseillers qui ont monté cette grotesque opération de communication se trompent, c'est qu'ils oublient que chacun, à l'intérieur du Congo comme à l'extérieur du Congo, sait très bien que ce ne sont nullement ces « sages » vilis, qui sont pour la plupart d'entre eux à sa solde, qui avaient monté cette remarquable opération de révolte, mais bien le petit peuple congolais (auquel le pouvoir ne prête aucune attention et continue de mépriser encore aujourd'hui), vili certes, mais le petit peuple et non ces soi-disant sages. Donc même s'il fait venir chez lui à Mpila tous les sages vilis, voire même tous les sages du Congo, cela ne changera strictement rien sur le fond.
Ce qui s'est passé lors des dernières élections locales et sénatoriales du 29 juin 2008 tout comme les violents incidents qui ont eu lieu à Pointe-Noire le 07 juillet dernier à l'occasion des obsèques de M. Jean-Pierre Thystère-Tchicaya sont un message sans appel qui marque bien le ras-le-bol général du peuple congolais dans son ensemble.
Sassou doit donc savoir que ce qui s'est passé à Pointe-Noire aurait parfaitement pu se passer et pourrait d'ailleurs se passer partout ailleurs dans le pays, voire même se multiplier, se reproduire et se généraliser dans un avenir proche.
Et lorsque Sassou affirme que : « [...]. Pointe-Noire oui, ville cosmopolite oui, il y a des sages dans ce monde qui un jour ont dit que lorsque les rats des jardins vont manger le fromage dans le buffet à l'intérieur d'une maison c'est que les souris de la maison leur ont indiqué le chemin [...] Ce n'est pas seulement aujourd'hui que des esprits dangereux ont toujours souhaité créer l'irréparable à Pointe-Noire. Je trouve que ce serait pour le pays tout entier criminel que de bâtir une stratégie politique sur l'idée qui consisterait à créer l'irréparable à Pointe-Noire. Nous nous sommes longtemps battus pour que, même au cœur de la crise, que rien n'arrive à la ville de Pointe-Noire. Même au cœur de la crise, nous nous sommes battus pour que rien n'arrive à la ville de Pointe-Noire »
On voit aisément derrière ce message crypté qu'il veut une fois de plus diviser les congolais en disant aux vilis qu'ils ne sont pour rien dans cette affaire car les esprits dangereux, les fouteurs de troubles sont venus d'ailleurs, autrement dit des régions limitrophes du Niboland ou encore du Pool (toujours ce même vieux et grossier stratagème de diviser pour mieux régner ; il y aurait donc les gentils vilis d'un coté et de l'autre coté, les dangereux esprits venus d'ailleurs), et en même temps il envoie un message aux pays occidentaux qui ont des intérêts pétroliers à Pointe-Noire pour continuer à le soutenir (car il est selon lui, le seul capable de garantir leurs intérêts) et l'aider à maintenir l'ordre et le calme dans cette ville hautement stratégique.
Mais ce ne sont là que les derniers soubresauts d'un dictateur en perte de vitesse. On a tout compris.
Bienvenu MABILEMONO