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Congo Brazzaville : L’OCDH demande la libération des présumés coupables

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L’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH) a organisé ce 29 novembre 2008 une conférence de presse à son siège pour dénoncer la lenteur que prend la procédure judiciaire sur l’affaire de l’arrestation des « jeunes de Mvoumvou ». Martelant sur les faits, il demande la libération sans condition des personnes détenues sans preuves.

En effet, arrêtée depuis le mois de juillet dernier, trente et cinq personnes croupissent dans les geôles de la Maison d’Arrêt de Pointe-noire pour avoir « pillé, conspué le cortège présidentiel, offensé le couple présidentiel, profané la tombe du défunt Tchystère Tchicaya » lors des obsèques du feu Tchystère Tchicaya (Ancien président de l’Assemblée nationale et président du RDPS). 

Ceux que les autorités de Brazzaville ont surnommé les « jeunes de Mvoumvou » ont été pris à partie par les services de police et de gendarmerie puis écroués à la Maison d’Arrêt de Pointe-noire après avoir été entendus. 

Au cours de cette conférence de presse, l’OCDH par la voix de Roch Euloge N’Zobo, (Responsable des programmes de l’OCDH) « les services de police ont arrêté ces personnes d’une façon arbitraire au hasard. Car, certaines étaient pises dans la rue, d’autres dans des maisons et bien d’autres encore dans des chambres ». 

Il ressort du dire de l’OCDH que ceux qu’on appelle « les jeunes de Mvoumvou » ne pas tous du quartier Mvoumvou. Parmi les personnes arrêtées on retrouve des sourds-muets, des jeunes filles, des pères de famille et des femmes de troisième âge (50 ans) vivant pour la majorité au quartier Tié-Tié. 

Ces personnes emprisonnées à la Maison d’Arrêt de Pointe-noire, rendues visite par les agents de l’OCDH vivent dans des conditions difficiles et ne sont nourries que par leur famille. Toutes ces personnes passent la nuit sur trois matelas dans une salle surnommée « la Cours ». 

Il sied de signaler qu’un détenu en la personne de Guy Poaty a déjà trouvé la mort pour tortures et Sita Ndombet (originaire de la République Démocratique du Congo) porté disparu. 

Suite à ce traitement inhumain « froissant » le respect de la personne et des droits de l’homme, l’OCDH demande au pouvoir de Brazzaville de libérer sans condition les personnes arrêtées arbitrairement et au cas où des preuves seraient formellement établies contre leur personne, diligenter une procédure judiciaire garantissant leur droit à un procès équitable en vertu des lois en vigueur et conformément aux engagements internationaux du Congo en matière des droits de l’homme ; ouvrir une information judiciaire sur la mort de Guy Poaty et sur la disparition de Sita Ndombet afin d’identifier et condamner les auteurs de ces crimes ; mettre fin aux arrestations arbitraires et aux harcèlements judiciaires des journalistes ; garantir le pluralisme démocratique, la liberté d’expression, etc. 

Il sied de signaler un journaliste de Télé Pour (TPT) de Pointe-noire Christian Perrin a déjà écopé d’un interrogatoire pendant 3 heures par une dizaine d’officiers pour avoir diffusé les images en direct des obsèques de Tchystère Tchicaya sans oublier Ugor Cameroon, journaliste à DRTV (chaîne de télévision privée du Général Norbert Dabira, inspecteur général des Armées) pour avoir autorisé la diffusion d’une bande vidée dans laquelle monsieur Nimi Madingou (membre de l’Upads, parti de Pascal Lissouba en exil) a exercé un droit de réponse sur l’affaire des « jeunes de Mvoumvou » 

Sam Samuel Oyemba 

Voici le résume du rapport de l’OCDH 


L’OCDH est vivement préoccupé par la situation des 35 personnes encore détenues à la maison d’arrêt de Pointe-Noire suite aux obsèques de Jean Pierre THYSTERE TCHICAYA et au climat de répression dont sont victimes les journalistes et les opposants politiques. 

Jean Pierre THYSTERE TCHICAYA, ancien président de l’Assemblée nationale était président du Rassemblement pour le développement et le progrès social (RDPS). 

Les obsèques de THYSTERE TCHICAYA se sont déroulées dans un climat de grande tension, que les funérailles officielles n’ont pas réussi à apaiser. En effet, les partisans du défunt se sont sentis dépossédés du droit d’organiser les obsèques de l’ancien président de l’Assemblée nationale dans le fief de la famille TCHICAYA. 

L’inhumation précipitée et sans la présence des partisans de THYSTERE a ravivé la rumeur selon laquelle le décès aurait été provoqué par la sorcellerie ou par un empoisonnement et que la dépouille mortelle ne serait pas celle du défunt. Des jeunes présumés être des « jeunes de Mvoumvou », fief du RDPS, ont tenté d’exhumer le cercueil pour vérifier l’authenticité du corps. La population a rapidement alerté la police, la gendarmerie et l’armée. C’est à ce moment que certains jeunes ont commencé à jeter des pierres ou casser les pare-brises des voitures. 

En réaction à ces actes de vandalisme, la gendarmerie, la police et même l’armée ont procédé à des dizaines d’arrestations d’individus au hasard, les prenant dans les rues, à l’intérieur des maisons et des parcelles au mépris du code de procédure pénale. Les personnes arrêtées n’ont été prises ni en flagrant délit, ni en possession du butin du pillage. 

Il apparaît que ces arrestations ont été motivée par la nécessité de trouver des boucs émissaires aux troubles de Pointe-Noire afin de masquer la défaillance des services sensés assurer la sécurité des officiels présents et du couple présidentiel. 

Sur la soixantaine de personnes arrêtées lors des obsèques de Jean Pierre THYSTERE TCHICAYA, 35 sont toujours détenues sans preuve de leur culpabilité pour les faits qui leur sont reprochés. Il s’agit de :

 

Nom Profession Age
KOUANGA Caroline Commerçante 50 ans
MAVOUNGOU Paméla Elève 21 ans
SATOU Clarisse Ménagère 29 ans
LOUBOUKA Geneviève Commerçante 44 ans
SITA NDOMBET RDC (porté disparu)  
LARESERVE KOUMBA Kenard Elève 23 ans
MABIKA Noël Maçon 29 ans
NGOMA Fabrice Chauffeur 29 ans
BOUKOU Anicet Chauffeur 37 ans
KENA David Alban Mécanicien 26 ans
MAVOUNGOU Aubin Maçon 29 ans
TCHISSAMBOU Gildas Frigoriste 23 ans
TSIKA Gastille Plombier 26 ans
NDONGA Grace Elève 18 ans
TCHIBAMBA Keitin Mécanicien 29 ans
KOUANGA LOEMBA Armel 20 ans
PETE Béranger 23 ans
PENATH Gaylo Elève 19 ans
NGATSOBO PAMBOU Enerick Maçon 19 ans
MDINGA NZINGA Félix Maçon 44 ans
NDOUDI Tangui Mécanicien 26 ans
TCHIBAMBA Romain RDC 18 ans
NZITA MAHOMBO RDC 23 ans
NGOMA Michel RDC 20 ans
MBATCHI Armani 18 ans
MISSAMOU Arnaud Maçon 23 ans
TANDAP Josua Camerounais 28 ans
FEPA NGONGANG Camerounais 28 ans
VANSIRANG Daniel Camerounais 23 ans
MAKOSSO Bercial 19 ans
NGOMA BENADIO 20 ans
TITI Blanchard Sourd Muet 27 ans
MAKOSSO Jean Richard 33 ans
BOUKAKA Jean Marie Encadreur des sourds muets  
MAVANGA Félix Maçon 23 ans


Les personnes précitées ont été arrêtées pour les motifs de destruction de biens publics, pillages, profanation de tombe et offense au chef de l’Etat. Ces griefs leur ont été formellement signifiés dans des avis d’ordonnance qu’ils ont été obligés de signer sous la contrainte à la maison d’arrêt. Leur arrestation est un coup de force musclé de la force publique et ne repose pas sur des preuves avérées.

L’une des victimes de cette rafle, Guy POATY est mort en détention, dans la maison d’arrêt de Pointe-Noire des suites de ces actes de torture qu’il avait subi au Commissariat central.

Par ailleurs, Sita NDOMBET, originaire de la RDC est porté disparu après quelques jours de détention dans ladite maison d’arrêt.

Une commission d’enquête a été mise en place pour faire la lumière sur les responsabilités de chacun dans les émeutes de Pointe Noire. Christian PERRIN, le directeur des informations de la chaîne de télévision privée Télé Pour Tous (TPT) qui avait diffusé des images des obsèques de THYSTERE et avait permis aux opposants politiques de s’exprimer sur le bilan du septennat du chef de l’Etat, a longuement été interrogé par la commission. On lui reprochait le fait que TPT «en faisait un peu trop ».

En outre, Igor CAMEROON, journaliste de la Digital Radio Télévision (DRTV) chaîne privée du Général Norbert DABIRA, l’inspecteur général des armées, a été suspendu de ses fonctions pour avoir autorisé la diffusion d’une bande vidéo qui avait été réalisée par monsieur Nimi MADINGOU, un des dirigeants de l’UPADS, le parti de l’ancien président Pascal LISSOUBA en exil.

Recommandations :

Au regard de ce qui précède, l’OCDH recommande au gouvernement de :

· Libérer sans condition les personnes arrêtées arbitrairement et au cas où des preuves seraient formellement établies contre leur personne, diligenter une procédure judiciaire garantissant leur droit à un procès équitable en vertu des lois en vigueur et conformément aux engagements internationaux du Congo en matière des droits de l’homme ;

· Ouvrir une information judiciaire sur la mort de Guy POATY et sur la disparition forcée de Sita NDOMBET afin d’identifier et de condamner les auteurs de ces crimes conformément aux lois en vigueur ;

· Mettre fin aux arrestations arbitraires et au harcèlement judiciaire des journalistes ;

· Garantir le pluralisme démocratique, la liberté d’expression et l’accès libre aux médias à tous les courants politiques ;

· Faire cesser les menaces et autres intimidations à l’endroit des opposants politiques ;

· Respecter en toutes circonstances les engagements pris par le Congo en matière de droits de l’Homme.


Kimpwanza, source indépendante d'actualités et d'informations sur le Congo Brazzaville. 

Commentaires (1)add comment

azmar tamar said:

-Les rats :cela signifie un blanc qui se comporte comme un étranger, ça ne veut pas dire grand chose, car si vous êtes blancs et que vous n'êtes pas de leur côté vous êtes un "rat blanc".Vous l'aurez compris il ne faut pas chercher d'explications intelligente à leur vocabulaire, pour le mot rat l'origine provient de la propagande nazi anti-juive qui comparait les juifs aux rats, ils appellent rats tous ceux qu'ils considèrent comme des "parasites".
 
Abus
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décembre 22, 2008
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