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KENYA: Gigolos et touristes tentent leur chance sur les côtes

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MOMBASA, 30 septembre 2008 (PlusNews) - En regardant ce couple se balader main dans ma main sur une plage de sable fin de Mombasa, une ville côtière du Kenya, on pourrait croire qu’il s’agit de deux personnages tout droit sortis d’un roman à l’eau de rose, à une différence près : l’homme a une vingtaine d’années et est originaire de la région, et la femme a une quarantaine d’années et est une touriste.

 

Les jeunes hommes qui parcourent les stations balnéaires du Kenya afin de trouver de riches touristes blanches venues chercher plus que le soleil, la mer et le sable chaud, sont connus localement comme des « beach boys ». La majorité des beach boys ont environ 25 ans, arborent des dreadlocks et des t-shirts moulants qui mettent leurs biceps en valeur.

« Je m’approche généralement d’une mzungu mama [une femme blanche] et lui demande ce dont elle a besoin, si elle cherche un guide, je lui sers alors de guide, si elle veut faire du jet-ski ou une sortie en bateau, je l’accompagne », a expliqué à IRIN/PlusNews Solomon*, un beach boy de la côte nord de Mombasa. « Si elle veut autre chose, alors je peux aussi le lui donner. »

Bien qu’il n’existe aucune estimation officielle du nombre de femmes se rendant chaque année au Kenya pour y faire du tourisme sexuel, ce chiffre serait en constante augmentation, selon la population locale. En 2007, le Kenya a accueilli deux millions de touristes, en majorité venus du Royaume-Uni, des Etats-Unis et d’Allemagne.

De nombreux beach boys parlent non seulement anglais et swahili (la langue locale), mais maîtrisent également l’allemand et l’italien, langues apprises après des années passées au contact des touristes. Comme l’a souligné Solomon, la maîtrise d’une langue européenne donne un avantage dans la compétition.

Les revenus de Solomon proviennent en majorité du temps passé auprès des touristes qui l’invitent à manger dans des restaurants coûteux, à effectuer des excursions, et qui lui laissent de l’argent à la fin de leur séjour.

« Si j’en rencontre une de bien, je reste normalement avec elle, à son hôtel, et lorsqu’elle part, elle peut me laisser environ 70 000 shillings [1 030 dollars américains], mais parfois moins », a-t-il dit. « On prend tous les deux du bon temps, j’ai ce que je veux et elle a ce qu’elle veut ».

Durant la haute saison touristique, comme l’été, Solomon peut avoir jusqu’à cinq ou six partenaires sexuelles différentes. En outre, il reconnaît que la plupart des femmes avec lesquelles il a des rapports sexuels ont bien plus que 60 ans.

Lorsque Solomon entretient des relations sexuelles avec des touristes, ce sont ces dernières qui décident de l’utilisation du préservatif.

« Si elle veut que j’utilise un préservatif, je le fais, si elle ne veut pas, je ne le fais pas », a-t-il poursuivi. « Au début, j’en utilise généralement toujours un, puis après quelques jours, j’arrête. »

Solomon n’a jamais subi un test de dépistage du VIH et déclare préférer croire que la personne avec qui il a des rapports sexuels est séronégative. « La plupart des blancs sont séronégatifs, le VIH est très rare dans ces pays », a-t-il estimé.

Selon Elizabeth Akinyi, présidente de Solidarity with Women in Distress (Solidarité avec les femmes en détresse, SOLWODI), une ONG qui travaille avec les professionnelles du sexe à Mombasa, en règle générale, les beach boys ne sont pas considérés comme des travailleurs du sexe, et ne sont, en conséquence, pas pris en compte par les messages de prévention du VIH/SIDA.

SOLWODI s’occupe des travailleuses du sexe, et bien qu’Elizabeth Akinyi souhaite que les programmes de son organisation s’adressent aux beach boys, elle déplore un manque de ressources.

Des associations de personnes impliquées dans les activités touristiques, telles que l’artisanat, les sports aquatiques ou les promenades en chameau, sont parfois assez organisées pour pouvoir mener des formations sur la prévention du VIH. Cependant, les personnes comme Solomon, qui opèrent seules, n’ont pas accès à ces formations.

« Qu’il s’agisse de la collectivité en général ou des ONG, les beach boys ne sont pas considérés de la même façon que les travailleuses du sexe », a déclaré Elizabeth Akinyi. « Mais, compte tenu de la menace VIH à laquelle les beach boys sont exposés, des messages de sensibilisation devraient leur être adressés ».

*Un nom d’emprunt

kr/kn/oa/cd/ail

Thèmes: (IRIN) VIH/SIDA (PlusNews)

[FIN]
 

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