En grève de la faim depuis près de deux mois pour réclamer l'accès aux soins et un passeport, un ancien prisonnier islamiste tunisien a mis fin vendredi à son action de protestation, suite à la sollicitation d'associations locales et de personnalités françaises en visite en Tunisie, a-t-on appris auprès de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH).
Condamné en 2002 à une peine de 11 ans de prison pour "appartenance à une organisation terroriste, Al Ansar", Abdellatif Bouhajila, 34 ans, a été libéré sous condition en novembre 2006.
Souffrant de problèmes de santé, notamment cardiaques et rénaux, il se serait heurté à l'accès aux soins dans un hôpital de Tunis, selon des sources associatives qui déplorent, en outre, le refus des autorités de lui délivrer un passeport pour aller se soigner à l'étranger.
Le gouvernement, quant à lui, assure que M. Bouhajila "est régulièrement pris en charge à l'hôpital La Rabta (de Tunis) et convenablement soigné dans divers services du même hôpital".
Cependant, pour les autorités, l'ancien prisonnier ne peut pas quitter le territoire tunisien, étant encore tenu par la réglementation régissant la libération conditionnelle.
Selon le président de la LTDH, Me Mokhtar Trifi, M. Bouhajila a accédé à "la demande insistante" des représentants de la société civile tunisienne et de personnalités françaises qui lui ont rendu visite à son domicile, dont Mgr Jacques Gaillot.
Le Dr Jean-Robert Bradier a jugé son état "extrêmement grave. Il risque d'y passer", s'est-il alarmé après l'avoir examiné, selon les propos rapportés à l'Associated Press par Me Trifi.
"Nous l'avons assuré de notre détermination à militer pour qu'il accède aux soins nécessaires et puisse voyager", a encore relaté le président de la LTDH. AP













