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CULTURE
Ghislaine Sathoud évoque l'héroïque combat des femmes du Congo- Brazzaville 2008-02-01 14:42:35 par AEM Congolaise installée au Québec, Ghislaine Sathoud ( photo ci-contre) vient de publier aux éditions L'Harmattan en France Le Combat des femmes au Congo Brazzaville, son deuxième essai dans la lignée de son engagement et sa passion pour l'émancipation de la femme. Cet ouvrage est une sorte d'« hommage collectif »
à toutes ses compatriotes comme pour rappeler que les droits ne se donnent pas sur un plateau, ils s'obtiennent par la lutte.
Ghislaine Sathoud se sert allègrement de l'écriture, quelque soit le genre littéraire, pour dénoncer les injustices pour rendre hommage aux héroïnes qui, malgré les discriminations liées aux questions du genre, demeurent vigoureuses pour monter sur le ring du combat mondial des femmes.
Le rôle du père est également évoqué dans cet essai : comme un berger, il défendait et protégeait valablement son « troupeau », condamnait la discrimination, prônait l'égalité entre filles et garçons et favorisait l'épanouissement de sa femme. Un père qui répétait inlassablement à ses filles que les premiers maris qu'il attendait d'elles étaient les diplômes. Une que Ghislaine Sathoud a bien retenue et qui se retrouve constamment dans ses ouvrages. Des influences positives Ghislaine Sathoud écrit comme elle vit : ses œuvres reflètent à la fois la migration et la forte relation avec son pays d'origine. Née au Congo, l'écrivaine vit au Canada depuis plusieurs années. Son écriture est un éternel voyage entre ses racines et son environnement d'adoption. Une écriture qui porte des prises de position sans concession : « J'ai toujours entendu parler des luttes des Congolaises. Je sais que le chemin est encore long. Je sais aussi qu'elles ont obtenu de nombreux gains. Elles ont franchi le niveau des interdits alimentaires. Il parait qu'à une certaine époque les femmes n'avaient pas le droit de consommer certains aliments. Semblerait-il qu'elles se contentaient seulement de les apprêter. À tort ou à raison, certains affirment que ces interdictions n'avaient aucun fondement raisonnable sinon le désir de « brimer » les femmes. À tort ou à raison, certains mettent ces interdictions dans le cadre des injustices, de la violence faite aux femmes... » Plusieurs lois protègent les femmes, toutefois certaines coutumes sont encore omniprésentes et provoquent souvent des « incidents » dans l'application des lois en faveur des femmes comme le rappelle à juste titre l'écrivaine : « En effet, il n'est pas toujours évident de se battre pour changer des coutumes séculaires. Le changement des mentalités ne peut pas se faire du jour au lendemain. Pourtant, les Congolaises ne baissent pas les bras. Les femmes de chez nous sont conscientes que c'est cette lutte féroce qui donnera le salut. Elles savent qu'il faut sortir de l'état « d'observatrices » pour se lancer dans la conquête de leurs droits. C'est la lutte qui permet d'y arriver. Seule la lutte libère... » Un combat universel Quand on interroge Ghislaine Sathoud sur les similitudes et les différences dans le combat des femmes au Congo et au Canada, l'auteure souligne l'universalité de ce combat : « La fibre de la condition féminine se retrouve dans toutes les régions du monde. Je suis bien consciente que partout les femmes ont eu des difficultés et qu'elles continuent d'en avoir. L'amélioration de la condition des femmes est une lutte de longue haleine qui demande une grande vigilance, car les gains ne sont jamais acquis une fois pour toutes. Il faut continuer le combat, malgré les nombreux changements et l'évolution de la condition féminine. » En lisant entre les lignes cet essai, on pourrait également trouver d'autres motivations : Ghislaine Sathoud souhaite une plus large diffusion des prouesses des femmes Congolaises, sans doute une volonté de présenter le Congo sous d'autres angles, car ce livre est une exposition joyeuse et belle de ce pays.| Anna Bianca Giovanni (correspondance particulière pour AEM)
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