Logo CONGOPLUS.INFO, tous droits réservés.

ECONOMIE
Marges budgétaires substantielles au Congo Brazzaville

2008-03-10 12:43:12 par Kimpwanza

Image de l\La planète finance est secouée par la crise des crédits immobiliers à risque dont l'épicentre se situe au pays de l'oncle Sam et l'onde de choc se répand au reste de l'économie mondiale. Le risque de récession économique n'est plus négligeable. Le ralentissement patent de l'activité des Etats-Unis pourrait entraîner l'économie mondiale dans une récession en 2008 et mettre fin à un long cycle de croissance robuste en Asie et en Afrique, explique en substance le rapport annuel de l'ONU sur la situation et les perspectives de l'économie mondiale en 2008.

L'institution internationale anticipe une croissance de 3,4 %, contre 3,6 % l'année dernière (Le Figaro, 10 Janvier 2008). Sans réelle surprise, les auteurs du rapport soulignent que « la principale incertitude vient de l'économie américaine ». Si elle venait à se poursuivre, elle porterait un rude coup à nombre de pays pauvres en mettant un frein au commerce mondial. Toutefois, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne, loin s'en faut ! Certains pays
producteurs de matières premières réussissent à tirer leur épingle du jeu. A quelque chose, malheur est bon.

C'est dans cette atmosphère de morosité économique mondiale que le gouvernement du Congo-Brazzaville, à la faveur de la hausse des prix et de l'amélioration des termes de l'échange, a présenté l'avant-projet du budget de l'Etat, exercice 2007-2008 fixé en recettes et en dépenses à la somme de 1.671 milliards de FCFA, en augmentation de 294,093 milliards de FCFA par rapport à l'année 2007. Les ressources propres de l'Etat sont de l'ordre de 1.621 milliards de FCFA, contre 50 milliards de ressources extérieures. Si les recettes fiscalo-douanières du Congo-Brazzaville représentent 97, 01 % du budget total, le
déficit lui se situe à hauteur de 2,99 %. Le gouvernement du Congo-Brazzaville qui s'est engagé dans la dernière ligne droite pour obtenir un accord avec le F.M.I et la Banque Mondiale, dans le cadre de l'initiative pays pauvres très endettés (PPTE), dont l'une des conditions est qu'il obtienne de ses partenaires bilatéraux qu'ils acceptent de couvrir ses besoins de financements extérieurs, n'en est pourtant pas aux abois. Sans scrupule, le ministre de l'Economie et des Finances a lancé un SOS aux partenaires du pays afin de couvrir son gap financier pour 2008, évalué à 50 milliards de FCFA, une somme qui viendrait alourdir l'encours de la dette.
En effet, l'endettement total en pourcentage du PIB s'élève à 133% soit 9, 2 milliards de dollars. Sans gène, Sassou Nguesso a pris lui-même le bâton de pèlerin de la mendicité, à la recherche de nouveaux fonds. Selon La Lettre du continent N° 531 du 20 décembre 2007, le monarque de Mpila a connu une fin d'année 2007 faste sur le plan financier : cours du baril au plus haut (100$ le baril), emprunt au club de Londres et subventions françaises. En effet,
d'après le journal d'Antoine Glaser, en sortant de l'Elysée, le 7 décembre vers 19h, le Président Denis Sassou Nguesso était particulièrement satisfait Nicolas Sarkozy venait d'arbitrer pour une aide française à son pays de 185 millions €, dans le cadre d'un programme pluriannuel de partenariats, contre seulement '' 80 millions € proposés par les experts du Trésor ". Ces derniers estimaient qu'avec un baril frisant les 100$, l'émirat congolais n'avait pas besoin de l'aumône et de la générosité du contribuable français. Pour obtenir les 185 millions €, le Congo avait mis la barre très haut, à 320 millions
€. Pour renflouer ses caisses, le Congo-Brazzaville s'est tourné vers la Chine, nouvel allié pourvoyeur de sino dollars sans conditionnalités. Les crédits accordés par la Chine sont remboursables en titres miniers et pétroliers.

En effet, la Chine qui souhaite garantir ses approvisionnements en matières premières et en énergie multiplie les interventions dans les pays producteurs, notamment en Afrique, faisant ainsi abattre une pluie de sino dollars à la grande satisfaction des monarques africains (Le Monde 16/10/07). Ils tiennent les mises en garde du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale pour une manifestation de mauvaise humeur des Occidentaux, dont les monopoles miniers et pétroliers sont enfin battus en brèche.
Il a été noté que la production pétrolière devrait atteindre 94,9 millions de barils en 2008. En 2007, elle avait été estimée à 87 millions de barils, en baisse de 10% par rapport à 2006, à cause, a-t-on dit, de l'accident survenu sur la plate-forme pétrolifère de Nkossa. La production pétrolière nationale connaîtra une hausse cette année avec 105 millions de barils de brut contre environ 87 millions de barils en 2007. Cette augmentation de la production
résulte de la mise en service des nouveaux champs comme Moho Bilondo, Ikalou-Ikalou Sud et Awa-Paloukou... « Les recettes pétrolières sont estimées à 1.321 milliards de FCFA, contre 1.054 milliards de FCFA en 2007, alors que les recettes hors pétrole devraient atteindre 300 milliards de FCFA essentiellement constituées du produit de la vente des essences vertes. Le niveau des recettes pétrolières reste fortement lié à la volatilité du prix du baril et à la fluctuation du taux de change CFA/dollar ».

Pour l'année en cours, le gouvernement a fixé le prix du brut du Congo-Brazzaville à 61,853 dollars le baril puis à 72 DOLLARS après les débats. Au regard de la flambée des prix des matières premières, l'hypothèse de travail retenue par le Congo-Brazzaville dans l'élaboration du budget 2008 est très en deçà de la réalité du prix du baril qui flirte avec les 100 dollars. La ficelle est tellement grosse que cette manœuvre de dissimulation financière a fait pouffer de rire le tout Brazzaville.
Dans ce budget 2008 l'enveloppe relative au fonctionnement des institutions s'élèverait à 881,6 milliards de FCFA, en augmentation de 8,39% par rapport à 2007 et le budget d'investissement représenterait 450 milliards de FCFA (en augmentation de 12,50% par rapport à l'exercice 2006-2007. Malgré des budgets ambitieux et prétentieux, le Congo-Brazzaville souffre toujours d'un manque chronique de routes, d'écoles, d'hôpitaux, d'électricité, d'eau, de ponts, de médicaments. ..

Dans ce petit émirat d'Afrique Centrale qui engrange d'énormes ressources financières tirées de l'exploitation pétrolière, les populations vivent avec moins d'un dollar par jour, les enfants vont à l'école à la nage et prennent les cours à même le sol. Avez-vous trouvé l'erreur ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS

Tous droit de reproduction et de représentation réservés Kimpwanza



Dans la même rubrique :
 Une production pétrolière de 93 millions de barils -2008-08-18 15:17:58
 Congo Brazzaville : L’Italie va fabriquer des chaussures au pays de la SAPE -2008-07-29 15:42:25
 Congo Brazzaville : L’Italie va fabriquer des chaussures au pays de la SAPE -2008-07-29 15:39:48
 Brazzaville : Une deuxième cimenterie au Congo -2008-07-15 12:57:32
 Congo Brazzaville : la Banque mondiale offre 40 millions USD pour les services de santé -2008-06-03 13:07:59
 Congo-Brazzaville: un second boom pétrolier en vue -2008-05-27 12:35:50