. avec un baril de pétrole qui frôle les 111 $ ;
. avec son or vert en abondance et qui se vend à prix d'or sur le marché... le Congo-Brazzaville est incontestablement un pays riche, voire même très riche. Pourtant il manque de routes, d'hôpitaux, d'eau, d'électricité, d'écoles... et 70% de ses 2.7 millions vivent en-dessous du seuil de pauvreté, avec moins d'1 $ par jour.
Comment expliquer un tel décalage ?
La réponse, tous les congolais la connaissent : le pouvoir en place baignant dans l'enrichissement illicite et dans la corruption et un clientélisme forcené, brille par l'impunité et ferme les yeux sur les dérapages et les abus de toute sorte (attributions systématiques des marchés d'Etat à des sociétés appartenant aux proches de la famille au pouvoir et qui n'ont aucune expertise reconnue réalisant des travaux inconsistants honteusement surfacturés...).
Le véritable problème du Congo, c'est donc un homme et le système qu'il a mis en place depuis plus d'un quart de siècle. Et cet homme c'est bien sûr Denis Sassou-Nguesso, le plus grand mal du Congo de ces 50 dernières années. Il est l'homme qui domine la vie politique du Congo depuis 1977 après l'assassinat monstrueux de son mentor, le Président Marien Ngouabi.
Il pille les richesses du pays et détourne les fonds publics pour son compte depuis 25 ans (il a créé avec sa famille et ses proches de multiples sociétés écrans qui achètent le pétrole congolais à des prix largement inférieurs aux prix du marché et qui le revendent ensuite au prix normal sur le marché réalisant ainsi au passage des marges scandaleusement exorbitantes, il organise régulièrement la disparition de cargaisons entières de pétrole entre Pointe-Noire et l'Europe, il perçoit depuis 25 ans un pourcentage sur chaque litre de pétrole congolais vendu, il brade les forêts congolaises...). Résultat : il s'est constitué une colossale fortune personnelle et un immense empire immobilier en France, en Espagne, au Maroc, au Brésil et en Chine. C'est dire qu'au-delà d'être le président le plus calamiteux que le Congo ait connu depuis son indépendance, il est, et c'est incontestable, le plus grand voleur que le Congo ait jamais connu.
Et comme pour couronner le tout, il continue d'endetter le pays alors que, comme je l'ai dit plus haut, les revenus propres du Congo sont en hausse régulière depuis 10 ans. Combien représente aujourd'hui l'encours de ces dettes ? Selon le FMI, la dette totale du Congo représentait 2,4 milliards de dollars en 1985, au moment des premiers défauts de paiement. Denis Sassou-Nguesso a légué une dette dépassant 5 milliards de dollars en 1992, montant qui s'est stabilisé sous la présidence de Pascal Lissouba avant d'exploser à nouveau depuis la reprise du pouvoir par Sassou-Nguesso, par les armes en 1997. Fin 2005, la dette congolaise, essentiellement due à des créanciers publics, atteignait 9,2 milliards de dollars : cinq fois le budget du pays. Cela ne l'empêche pas de continuer d'endetter le Congo et de gager son pétrole.
Mais comme il ne manque pas d'humour, il milite désormais très activement pour donner au Congo le très « prestigieux » statut de Pays Pauvre Très Endetté (PPTE). Pire, il tient coûte que coûte à rester à la tête de ce pays jusqu'à sa mort. En 2009 il n'hésitera pas à frauder l'élection présidentielle pour continuer à faire main basse sur les richesses de ce pays.
Bienvenu MABILEMONO