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ECONOMIE
Les minerais à l'honneur au Congo Brazzaville : il n'est jamais trop tard pour bien faire ! 2008-03-19 11:25:49 par Kimpwanza Après plusieurs décennies de stratégie de développement axées exclusivement sur l'exploitation du pétrole, le Congo-Brazzaville découvre à nouveau les richesses de son sous-sol, un secteur qui n'a jusqu'à présent pas assez été intégré à l'essor économique de ce pays. Un véritable tournant de l'administration Sassou dans la conduite de la politique économique.
Quel gâchis ! Quel temps perdu!
Les patrons des leaders mondiaux de l'industrie métallurgique et sidérurgique, carte géologique en mains, se bousculent au portillon de Mpila pour arracher qui un contrat d'exploration qui une convention d'exploitation afin de répondre efficacement à la forte demande de l'économie mondialisée. Les gisements de mines du Congo-Brazzaville abandonnés et laissés en friche pendant des années vont-ils enfin être mis en valeur ? Les mines de Mpassa (aujourd'hui en ruines) dans la localité de Mindouli (Pool) vont-elles donc enfin être réhabilitées? Au regard de la flambée des prix des matières premières, il serait criminel de ne point y penser et surtout inadmissible de rééditer les anachronismes macro-économiques d'antan comme le foireux plan quinquennal qui a fait exploser la dette du Congo-Brazzaville faisant ainsi de ce pays la cible des fonds vautour. Pierre Oba s'intéresse aux pierres Ainsi, le 21 février 2008, Pierre OBA, ministre congolais des mines, de l'industrie minière et de la géologie a signé une convention d'exploitation avec la société américaine Soremi SA de 50 millions de dollars sur trois prochaines années pour l'exploitation de deux gisements de minerais situés à Boko Songho et Yanga Koubanza, dans la Bouenza. La Soremi devra exploiter pendant 25 ans ces gisements. Les financements pour l'exploitation des minerais de Boko Songho et Yanga Koubanza seront entièrement assurés par Soremi Investments Limited, une succursale de la Société américaine Gerald Metals, le géant mondial du commerce des minerais. Le Congo-Brazzaville détiendra des intérêts de 10% dans le capital de la Soremi SA avec un représentant au conseil d'administration. Les deux gisements à exploiter par la Soremi SA disposent d'importantes réserves de cuivre, de plomb et de zinc estimées respectivement à 435.000 tonnes et à 228.600 tonnes. Une aubaine pour les jeunes du Congo-Brazzaville, frappés de plein fouet par le chômage, de trouver du travail (70 % d'entre eux sont sans emplois). On peut néanmoins rêver. Entre temps, le Congo-Brazzaville a réintégré le processus de Kimberley à l'issue de l'assemblée de cette association tenue à Bruxelles, en Belgique, le 7 novembre 2007 et mis en place, pour ne plus en être exclus, un dispositif réglementaire pour gérer ses diamants. Le processus de Kimberley est une association instaurée par les Nations Unies pour combattre la circulation et le trafic des diamants dit de sang donc issus des guerres. Le Congo a été exclu du processus de Kimberley en 2004, juste un an après son admission, en 2003, pour avoir exporté plus de diamant qu'il n'en produisait. Le paradoxe de cette sur-exportation était due au fait que le Congo-Brazzaville est un pays de transit où la loi en matière de réglementation de la circulation des diamants était faible. Le Congo-Brazzaville était devenu le maillon faible du dispositif sous-régional en matière de diamant. La place de Brazzaville passait pour une plaque tournante du trafic des pierres précieuses avec, on s'en doute, la complicité bienveillante des autorités. Le Congo, pays producteur Au lieu de se livrer au trafic international, pourquoi n'avoir pas entrepris l'exploitation domestique de cette pierre précieuse? Est-ce par pénurie de gisements, par défaut d'imagination ou par manque de volonté politique? Bien que n'étant pas un grand producteur de diamants, le Congo-Brazzaville dispose pourtant d'immenses ressources dans le massif du Chaillu, dans le département de la Lékoumou, dans le Sud et au Nord pays, dans le département de la Sangha. Les cristaux congolais sont de bonne qualité mais exploités de manière artisanale par la Mokambi Mining, l'unique société agrée dans le pays qui produit chaque année près de 183 millions de carats de diamants. Dans la foulée de la boulimique frénésie des agents de la Nouvelle Espérance, une convention de recherche et d'inspection d'or à Les Saras dans le Kouilou a été signée le 20 Novembre 2007 entre le Congo-Brazzaville et la société marocaine Managem. Dans le but de favoriser la participation des mines solides au développement socioéconomique du Congo-Brazzaville, qui se bat comme un diable avec le FMI et la Banque Mondiale pour l'éligibilité à l'initiative PPTE, cette convention autorise la société Managem de réaliser les opérations de prospection d'or dans la zone de Les Saras. Abdellaziz Abarro, le PDG de la société Managem a indiqué que les indices étaient positifs d'après les inspections effectuées sur le terrain et dans la partie nord du Congo-Brazzaville. La ruée vers l'or des agents de la Nouvelle Espérance s'effectue au moment où le métal jaune retrouve son rôle de valeur refuge. Avec un prix de 953,91 dollars l'once à Londres (Le Figaro 22 février 2008), l'or a enfoncé, le 21 février 2008, son précédent record de 850 dollars atteint le 21 janvier 1980, après l'entrée de l'Armée rouge en Afghanistan. La flambée actuelle du lingot jaune s'explique par sa valeur de triple refuge: - contre l'inflation tirée par la hausse du prix du brut (environ 105 dollars le baril) ; - contre les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et en Afrique; - contre la faiblesse du dollar (monnaie dans laquelle les cours sont libellés) par rapport à l'euro. Les investisseurs sont à la recherche d'un placement anti-inflation, d'un actif réel à jouer face à la chute du dollar. Le précieux métal doré est tout cela à la fois. Pendant plusieurs années, les agents de la nouvelle espérance l'ont ignoré. Le Congo-Brazzaville est donc passé à côté d'énormes ressources financières qui auraient contribué à son développement. Gageons que les nombreux chômeurs n'ayant jamais eu leur part de Nkossa (pétrole) ne verrons pas, non plus, la couleur de ces autres minerais. Benjamin BILOMBOT BITADYS Tous droit de reproduction et de représentation réservés Kimpwanza Dans la même rubrique : Une production pétrolière de 93 millions de barils -2008-08-18 15:17:58 Congo Brazzaville : L’Italie va fabriquer des chaussures au pays de la SAPE -2008-07-29 15:42:25 Congo Brazzaville : L’Italie va fabriquer des chaussures au pays de la SAPE -2008-07-29 15:39:48 Brazzaville : Une deuxième cimenterie au Congo -2008-07-15 12:57:32 Congo Brazzaville : la Banque mondiale offre 40 millions USD pour les services de santé -2008-06-03 13:07:59 Congo-Brazzaville: un second boom pétrolier en vue -2008-05-27 12:35:50 |