Raymond Zéphirin MBOULOU, ministre de l'Administration du territoire et de la décentralisation, a annoncé le 28 avril à Brazzaville, l'élection prochaine en communautés urbaines des localités de POKOLA dans la Sangha, OYO dans la Cuvette et BOUANSA dans la Bouenza.
Le ministre a fait cette annonce au cours de l'audience qu'il a accordée à la délégation des maires du Congo, venue lui rendre compte des résultats de leur 5e réunion tenue du 21 au 24 avril à Ouesso, dans la Sangha.
A sa sortie d'audience, le député maire de la ville de Brazzaville et président de l'Association des maires du Congo, Hugues NGOUELONDELE, a traduit la satisfaction de son groupe après l'annonce de cette nouvelle par le ministre de tutelle. "C'est une très bonne nouvelle", a-t-il déclaré. "Car, vous le savez bien, la politique de décentralisation occupe une place importante dans le programme du chef de l'Etat. Et nous ne pouvons qu'être contents de savoir que notre pays va avoir trois nouvelles communautés urbaines"
"Il faut qu'il y ait beaucoup de communes dans le pays pour que les citoyens aient plus directement la décision sur leur destinée ", a renchéri le maire de Mossendjo, Maurice MBOBI. Il s'est, par ailleurs, réjoui de la perspective d'ouverture de l'Association des maires du Congo à ces adhérents potentiels.
Il va de soi qu'au cours de leur entretien avec le ministre, les maires du Congo ont réitéré leur plaidoyer sur le renforcement des capacités d'action des collectivités décentralisées.
C'est d'ailleurs dans cet ordre d'idées que le maire de Mossendjo est revenu sur la difficulté de paiement des ressources budgétaires que l'Etat alloue à sa commune. "En 2007, la commune de Mossendjo devrait bénéficier de 650 millions de Fcfa au terme du budget de transfert, mais nous n'avons bénéficié que de 20 millions chaque mois. Alors que le paiement des salaires exige à lui seul plus de 21 millions de Fcfa"
Les Ardoises des Parrains Mafieux
500 m2 pour la famille du président congolais et une grosse ardoise
Pas touche au clan NGUESSO. Une petite entreprise française de bâtiment, Interdéveloppement Activités, peine depuis six ans à se faire payer la rénovation d'une villa au Vésinet (Yvelines). Sur les 3 millions d'euros de travaux effectués, 276 000 sont toujours impayés. Les propriétaires ne sont pourtant pas dans le besoin, puisqu'il s'agit de la famille du président du Congo-Brazzaville, Denis SASSOU NGUESSO.
La villa Suzette, 500 m 2 a longtemps appartenu en nom propre à son frère aîné, Valentin AMBENDET. En 2002, ce facétieux transfère la propriété à un holding luxembourgeois, MATSIP Consulting. En novembre 2004, trois semaines avant son décès, MATSIP est racheté par une autre coquille grand-ducale, EDENOR. Le nouvel ayant droit pourrait être Wilfrid NGUESSO, neveu du président congolais, puisque c'est via ce holding qu'il s'est ensuite acheté, pour 172 000 euros, une Aston Martin.
Pot de terre. Jusqu'à très récemment, la justice considérait que la villa Suzette était toujours au nom de feu Valentin AMBENDET, puisque son exfiltration au Luxembourg s'était faite en catimini, sans payer les droits d'enregistrements et sans mention au cadastre. Le tribunal de Versailles, saisi du litige par la PME, avait même désigné, en juillet 2007 la Direction nationale d'interventions domaniales (DNID), pour administrer la succession.
En janvier, la DNID découvre à retardement la manip offshore et réclame d'être déchargée de l'affaire. Si possible sans trop de bruit : "Compte tenu de la notoriété des personnalités en cause, le président du tribunal a bien voulu que l'audience se tienne à son cabinet à 8 h 45 précises", en dehors des heures ouvrables.
Hier, le tribunal de Versailles a confirmé que la DNID n'était plus chargée de la succession.
Me Jacques BOEDELS, l'avocat du pot de terre, s'indigne que Bercy accepte de couvrir une "opération frauduleuse" : "L'administration s'ingénie à trouver les moyens de contourner sa mission, au mépris des droits légitimes du créancier". "Inhabitable". La justice versaillaise a déjà fait savoir que "la cession d'un immeuble n'a pas besoin d'être passée par acte authentique ni d'être publiée pour être valable".
Ca sent la fin de non-recevoir, d'autant que le tribunal vient d'évaluer chichement la villa à 230 000 euros, moins que le reliquat de travaux à payer... Jugée "inhabitable", elle semble fort bien habitée. Par Denis SASSOU NGUESSO, aux bons soins de Wilfrid, selon son gardien interrogé par France Inter. Lequel organisait, en juillet 2007, la visite de son oncle à Sarkozy.
Ardoises à la GABONAISE
Omar Bongo, le président gabonais, a des difficultés de trésorerie. Non seulement ça ne date pas d'hier mais, de plus, son intermédiaire préféré et cajolé, l'avocat français Robert BOURGI, en a même un temps souffert...
Le temps est venu de battre en brèche la vilaine réputation du président de la République Gabonaise, son excellence El Hadj Omar Bongo, démocrate toujours bien élu depuis bientôt plus de quarante ans. Le bon "Mollah Omar " a des difficultés de trésorerie. Les preuves s'accumulent. Déjà, "papa" Bongo, comme l'appellent ses fils et ses courtisans, se trouve obligé de puiser dans les comptes de la trésorerie générale du Gabon, dont l'un des comptes est logé à la banque de France, à Paris, pour régler des petits achats pour sa famille. Comme l'écrivait Bakchich le 2 février dernier, c'était par exemple le cas de quelques Mercedes à 300 000 euros pièce. À l'époque, seuls des " droits-de-l'hommiste " un peu sourcilleux, telle l'association Sherpa, y ont vu un détournement de fonds publics.
Pire, lors de sa dernière et brillante réélection en 2005, Bongo a même du rogner sur ses frais de campagne à l'étranger. En 2005 en effet, son VRP hors Gabon avait dû porter sa bonne parole moyennant 225 millions de francs CFA, contre 600 millions en 1998. Les temps sont durs.
Une missive explosive PIER GAJEWSKI et à en croire un joli courrier dégoté par Bakchich, la situation ne date pas d'hier. La missive, datée du 9 septembre 1997 (lire ci-dessous), dans un style bien peu empesé, réclame quelques comptes à l'un des serviteurs de " papa Bongo" : l'avocat et missi dominici de la FrançAfrique, Robert BOURGI.
L'auteur de la lettre, un certain Danois du nom de KNUT ROLF THOMSEN, n'a rien d'un pitre. Il officie comme patron de la société d'import-export Proscan Ltd basée à Bâle, mais aussi comme consul royal du Danemark dans la même ville suisse. Bref, un homme plein de ressources et muni d'un passeport diplomatique qui a la légère impression de s'être fait gruger au Gabon. Par deux fois.
" J'attends toujours ma commission "
À la fin 1991, cet aimable Danois, affirme avoir travaillé d'arrache-pied pour faire entrer au Gabon une société chinoise (Viewood KT Chong) afin qu'elle fasse du business avec la Société nationale des bois Gabonais. " J'ai visité Beijing trois fois(..., j'ai toute une documentation sur l'affaire..., j'ai fait venir M. KT Chong en Suisse et au Gabon sur ta demande pour un rendez-vous avec le président ", écrit-il à Robert BOURGI. Dès le début des années 90, ce dernier, en homme clé des réseaux Foccart, a effectivement participé à l'offensive de la Chine sur les bois précieux du continent.
Mais, apparemment, l'ami danois n'a pas été récompensé pour sa belle œuvre. Toujours est-il que l'ami KNUT, au moment où il écrit la lettre, n'a pas vu sa commission sur ce contrat. Un pourboire de 20 francs français par mètre cube de bois exporté hors du Gabon, qu'il devait partager avec l'ami BOURGI. Et, s'il n'a pas sorti sa règle de calcul, le Danois l'a à portée de main. "En vue des volumes que Viewood a fait depuis 1991, les commissions doivent monter à des chiffres astronomiques et je suis très étonné que tu ne m'aies pas versé ma part de commissions". Aimable, le Danois propose même à BOURGI de l'aider à faire les comptes. "Je peux assez facilement te calculer le cubage vendu à KT Chong ... si cela peut aider ta mémoire".
Bref une jolie ardoise pour BOURGI, à laquelle s'en ajoute une autre, dont la réclame est donnée dès le début de la lettre. 180 000 dollars US "versés en espèces comme prêt à S.E. El Hadj Omar Bongo pour financer ton voyage à New York, Washington DC et Atlanta avec l'ambassadeur Michel TEALE... Dois-je demander cette somme au Gabon ou veux-tu me faire un virement d'un de tes comptes en Suisse ? ", S'enquiert le Danois. Diable, Omar Bongo obligé de demander un prêt via Robert BOURGI ? Et la dette met du temps à être honorée !