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POLITIQUE
2009, une année décisive pour le Congo et son peuple

2008-05-04 14:55:44 par Bienvenu MABILEMONO

Image de l\2009 est l'année de l'élection présidentielle au Congo-Brazzaville. Cette élection est plus que cruciale. En jeu, le départ ou le maintien au pouvoir du dictateur sanguinaire et prédateur, le Cobra en chef, Denis Sassou-Nguesso qui pille les ressources du pays, affame, terrorise et martyrise les congolais depuis près de 25 ans. A l'approche de cette échéance cruciale donc, une seule question sur toutes les lèvres des congolais : l'année 2009 sera-t-elle celle de la remise en cause et de la fin de la dictature féroce de Denis Sassou-Nguesso ou de la continuité ?

En effet, les congolais redoutent une réélection aux conséquences incalculables de cet homme qui dirige ce pays d'une main de fer depuis près d'un quart de siècle.

D'autant que l'homme a déjà annoncé sa volonté de modifier la Constitution (l'exemple de son homologue dictateur camerounais Paul Biya aidant) pour rester au pouvoir à vie, avant de le transmettre à son dauphin désigné, notre trader en chef de la part de pétrole brut revenant à la SNPC (Société nationale des pétroles du Congo), Denis Christel Sassou, "Kiki", ce très dépensier fils du chef Cobra qui n'hésite pas à dépenser 35000 euros (plus de 20 millions de francs CFA) en seulement 48 heures dans l'achat de sacs Louis Vuitton.

C'est ce fils, dauphin désigné, que Denis Sassou-Nguesso a choisi d'initier aux affaires pétrolières avec l'aide d'un ancien conseiller de l'ex-général dictateur nigérian Sani Abacha (à noter que notre trader en chef est le seul à savoir précisément où sont cachés les pétrodollars du Congo qui ont été soi-disant mis à l'abri des fonds vautours, et c'est également lui seul qui sait comment ont été payés ces fonds vautours).
 
Ce dernier contrôle le secteur pétrolier via la COTRADE dont il est le patron (filiale de la SNPC en charge de la commercialisation du pétrole congolais et à laquelle il loue son immeuble acquis à 700 millions de francs CFA conjointement avec Blaise Elenga, son homme de main) et autres sociétés écrans qui ont été créées pour détourner cette manne pétrolière dont les congolais ont été dépossédés.


Alors peut-on s'attendre au départ de Denis Sassou-Nguesso en 2009 ? D'ores et déjà, nous pouvons nous réjouir de ce que le constat d'échec cuisant de Sassaou et son régime de rapaces est unanimement établi. En dépit de l'augmentation significative et continuelle des revenus tirés de la vente du pétrole (un baril frôlant les 120 $) et du bois, Denis Sassou-Nguesso n'est pas parvenu à créer les conditions du développement du pays et à améliorer les conditions de vie de la population (en 2008 et avec un baril de pétrole qui flirte avec les 120 $, il se pose encore au Congo des questions considérées cruciales comme l'accès à l'eau, aux soins et à l'éducation qui constituent les jalons d'un développement à la base, sans parler de la carence criarde de grands investissements de production ou d'infrastructures et du chômage de masse qui frappe toutes les couches de la société congolaise, notamment les jeunes). Sur ce sujet en tout cas, le peuple congolais dans sa grande majorité parle d'une seule voix.

Et c'est bien ce constat amer d'échec de la fameuse « nouvelle espérance et sa politique de la municipalisation accélérée » - qui consiste à faire de petites bricoles en trompe l'œil pour justifier les sorties de fonds détournés par les membres de la famille et autres sbires de l'oyocratie - sans aucune création d'emplois à la clé - qui explique que jusque-là, malgré les insuffisances, le grand mouvement du peuple souverain continue de prendre corps partout, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. A tel point que si l'on fait un bilan des fronts menés contre ce régime véreux de l'homme de Mipla, la situation ressemble à un champ de bataille dont l'issue ne laisse plus guère de doute.
 
Avec l'unité retrouvée de toutes les filles et de tous les fils du Congo, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest en passant par le Centre, Sassou-Nguesso et son régime dictatorial et corrompu ne sera plus jamais majoritaire dans le pays et peut-être même que bientôt il ne sera plus que l'ombre de lui-même dans une cellule quelque part (à la Haye comme Charles Taylor ?) en train de revoir tout le film de sa vie pendant que les dignes filles et fils du Congo tenteront d'oublier cette page sombre et ce long passage à vide de ces 25 années cauchemardesques de son règne chaotique et construire enfin leur beau et riche pays pour lui donner un meilleur rayonnement sur le plan international.


Toutefois, nous savons que l'homme ne s'avouera pas vaincu. Comme on dit, les habitudes ont la peau dure. Nul doute que comme en 2002, il mettra tout en œuvre pour tricher et tenter de conserver son fauteuil en 2009, par la force s'il le faut, et bien évidemment cela ne sera point une nouveauté chez lui (cf. guerre du 5 juin au 15 octobre1997 et de 1998/1999) tant l'homme redoute de se retrouver dans la même situation que son vieil ami Charles TAYLOR, l'ex-dictateur sanguinaire libérien qui poussait ses hommes à pratiquer le cannibalisme.

Devant une telle crainte, l'homme de Mpila n'entend donc pas capituler aussi facilement. Même si le verdict des urnes le donne perdant comme en 1992, eh ! bien il ne partira pas aussi facilement cette fois. Et il a déjà annoncé les couleurs au cours d'une réunion tenue secrète en s'adressant à ses camarades en des termes on ne peut plus clairs : « nous avons en mémoire ce que nous avons tous vécu en 1991-1992. Pour ma part, j'estime qu'il serait plus que stupide de permettre que les choses recommencent, aillent dans les sens comme en ces années-là. [...] Nous ne serons tout de même pas assez stupides et imbéciles pour permettre qu'une situation semblable à celle de 1990 prenne corps à nouveau. Ce serait n'est-ce pas comme disent les Ivoiriens "un deuxième gaou". Cette situation ne se produira pas dans les mêmes conditions ». C'est dire si la tension est maximale.

En effet, Comme "Chat échaudé craint l'eau froide", Denis Sassou-Nguesso a en mémoire ce qu'il avait vécu en 1991-1992 et craint par-dessus tout de revivre la même situation en 2009, avec cette fois une très forte probabilité d'avoir à se s'expliquer devant la justice pour ses innombrables crimes de sang (cf. la macabre affaire des disparus du Beach de Brazzaville et autres massacres commis sur les populations civiles entre 1998 et 1999) et pour les crimes économiques dont il s'est rendu coupable en 25 années d'exercice de pouvoir sans partage (« association criminelle » avec la compagnie pétrolière Elf, citée conjointement avec lui dans plusieurs plaintes déposée en Europe, disparition de plusieurs cargaisons fantômes de pétrole entre Pointe-Noire et l'occident, mise en place de multiples sociétés écrans et détournements de fonds publics...), et auxquels il devra répondre conformément à l'article 38 de la Constitution de la République du Congo du 2 janvier 2002 qui stipule que « tout acte, tout accord, toute convention, tout arrangement administratif ou autre fait qui a pour conséquence directe de priver la nation de tout ou partie de ses propres moyens d'existence tirés de ses ressources naturelles est considéré comme un crime de pillage imprescriptible et puni par la loi. »

Nous avons en effet toutes les raisons d'affirmer qu'en bon fraudeur professionnel d'élections, Denis Sassou-Nguesso usera de son trésor de guerre accumulé en 25 années de prédation sans répit pour tenter de soudoyer, de corrompre et d'acheter des électeurs et autres opportunistes qui sont prêts à tout (y compris pactiser avec le diable) pour se faire les poches. Et il ne s'agit pas d'une affirmation cousue de fil blanc, croyez-moi. Il faut dire que l'homme a acquis beaucoup d'expérience dans ce domaine de la fraude électorale depuis son retour aux affaires par les armes en octobre 1997, et surtout il a pu tirer tous les enseignements de son échec cuisant de 1992 qui visiblement le hante encore aujourd'hui.

Et pour cause, il a déjà eu à avouer lui-même au cours de cette même réunion secrète et devant ses mêmes camarades, toutes les fraudes électorales qu'il a eu à orchestrer lors de son fameux « dialogue national sans exclusif » qu'il avait organisé comme il le dit lui-même « avec une certaine stratégie, sinon son Parti n'aurait pas réussi à contrôler le Conseil national de la transition (CNT), cette pseudo Assemblée nationale, et toutes les Institutions de sa transition dite flexible qui a duré 5 ans (soit un mandat complet si l'on considère la Constitution de 1992) ».

Opérations de fraudes électorales qu'il a réitérées en toute impunité et sans complexe aux législatives de 2002 comme il l'a lui-même là aussi bien expliqué à ses mêmes camarades au cours de cette même réunion tenue en novembre 2005 chez lui à Mpila au plus fort de la crise née autour du concept de la Refondation du PCT : « S'il y a un élu à Okoyo (Cuvette Ouest) par exemple, c'est moi qui l'ai acheté. Tous les élus de Talangaï, j'ai acheté les candidats Engani, Nguesso Maurice et les autres challengers pour permettre à Bombete et à nos autres députés qui siègent aujourd'hui de gagner. J'ai donné 20 millions à Nkaya pour que Denguet Attiki l'emporte à Poto-Poto. [...] La Constitution ne m'enlève pas le droit d'être le chef de mon Parti, ce que la Constitution m'interdit, c'est la gestion quotidienne du Parti parce que ce faisant, je pourrais être tenté de décider de façon partisane dans l'exécution de mes fonctions d'Etat. [...] J'ai acheté nos concurrents. Si je ne l'avais pas fait, le P.C.T serait minoritaire à l'Assemblée nationale. Arrêtez les diatribes, sauf si l'on veut faire sauter la boutique. Et y a un prix à payer. » Authentique.

Et de poursuivre : « [...] Constatant un enlisement, j'ai pensé que je ne pouvais plus laisser cette situation perdurer. Je pense que vous êtes au courant, que nos adversaires sont satisfaits et se réjouissent de nos déchirements. [... ] Nous devons avoir l'intelligence de faire autrement sinon nous allons perdre. Souvenez-vous : Gamboma, pourtant fief du PCT par excellence, mais où il ne nous était plus possible d'y faire élire un député. Faire élire Nguié : un vaste exercice (Dzon Mathias et le général Ngouelondélé-Mongo en savent quelque chose car ils ont fait les frais de cette implacable stratégie de la fraude électorale mise en place par l'homme de Mpila) ; Croix et la bannière pour faire élire un Député dans la Cuvette Ouest. A Owando, le PCT, terroir de Marien, on n'a pas pu avoir des députés; II ne faut pas lire l'histoire au premier degré.

Usons l'histoire au deuxième et même au troisième degré; Que tout le monde revienne au calme. Vous n'avez pas le choix; si je parle, vous ne m'écoutez pas, je quitte : Le Bureau Politique doit se réunir; Au cours du Congrès, on doit parler du devenir de ce Parti; Refondation ou pas, il ne faudra pas biaiser. C'est la démarche à laquelle j'adhère. Que sous mon autorité, le Bureau Politique convoque le Comité Central. Après ce sera trop tard, Si j'écoute encore des bruits dans la rue, je vais dénouer cela. Suivez cette orientation. Je suis responsable.

Nous ne sommes pas des mineurs ». Pathétique, n'est-ce pas ? Sûr de lui, il parle en des termes clairs et sans détours de cette stratégie de fraude électorale et d'achats des consciences qui lui avait permis d'avoir la majorité à l'assemblée en 2002 (et c'est exactement cette même stratégie qui lui a permis également de conserver la majorité au Parlement en 2007. Et par extrapolation, nous pouvons d'ores et déjà affirmer que c'est précisément cette même stratégie qui lui permettra de conserver son trône doré en 2009). Des propos honteux qui relèvent purement et simplement d'un véritable déni de démocratie. Et pour tout vous dire, c'est tout simplement méprisant et méprisable. A chacun donc de tirer ses conclusions.

Bienvenu MABILEMONO




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