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BULLETIN SIDA
Congo Brazzaville : Plus de rapports sexuels à deux, mais à trois, à l'heure du sida 2008-05-04 17:54:03 par IRIN BRAZZAVILLE, 1 mai 2008 (PlusNews) - Après une longue journée de travail dans une imprimerie de Brazzaville, la capitale congolaise, André Mikangou* passe rapidement prendre une bouteille de bière à la boutique d'une station-service du quartier, et en profite pour se procurer des préservatifs ‘Ami 3' au distributeur automatique de la station. « J'ai glissé légèrement ma petite pièce de 100 francs CFA (0,28 dollar)
dans le distributeur automatique, puis un paquet de trois préservatifs est sorti », a expliqué à IRIN/PlusNews cet homme d'une cinquantaine d'années.
« Plusieurs personnes qui ont pratiqué cet exercice, très simple, m'ont parlé de cette facilité d'avoir le condom [préservatif] en temps réel, je n'avais pas cru. Cette fois-ci, je ne peux plus en douter. Je vais essayer ce préservatif qui fait parler de lui partout », a-t-il ajouté avant de finir sa bouteille d'un trait et de se diriger vers un taxi.
Ce distributeur n'est pas unique. Le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population, en a fait installer une quarantaine dans les villes les plus peuplées du Congo pour promouvoir ‘Ami 3', un préservatif made in Congo, dont le nom suscite volontairement l'ambiguïté.
En 2007, l'AAISC, qui exécute le programme marketing d'‘Ami 3', principalement grâce à des financements de la Banque mondiale et du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a installé un réseau de distribution et de vente de préservatifs qui couvre les 12 départements du Congo.
Pour sensibiliser davantage les consommateurs sur la nécessité d'utiliser un préservatif, à la fois pour lutter contre le VIH, les infections sexuellement transmissibles, ainsi que contre les grossesses précoces ou non désirées, la télévision nationale congolaise diffuse chaque jour ou presque à partir de 20 heures, l'heure de grande écoute, un spot publicitaire animé par les acteurs de la série ivoirienne « Ma famille », très prisée au Congo.
« La confiance n'exclut pas le condom », chante de son côté l'artiste musicien Philippe Sita dans toutes les campagnes de lutte contre le sida.
Le paquet de trois unités revient à 100 francs CFA dans les distributeurs automatiques, et à 50 francs CFA (0,14 dollar) dans les autres points d'approvisionnement (hôpitaux et pharmacies). Ils sont aussi distribués gratuitement dans le cadre d'événements ponctuels de sensibilisation.
Des arguments qui semblent faire mouche auprès de la population cible. « Rien que par son emballage, ‘Ami 3' rassure. Son utilisation est vraiment facile. Il ne peut se casser que chez un homme violent », a estimé Juliette Ngoma, étudiante à l'Université Marien Ngouabi de Brazzaville. « Si un homme le casse, c'est qu'il est conscient de son mauvais état de santé et veut faire du mal à sa partenaire ».
Les jeunes ne sont pas les seuls à être sensibles aux messages de promotion du préservatif et à l'avantage de pouvoir se le procurer discrètement et facilement, a noté Achille Mongo, un des responsables d'une station-service disposant d'un distributeur automatique.
Plus de la moitié des sept millions de préservatifs disponibles en 2007 ont été vendus ou distribués, selon l'AAISC, qui compte mettre le même nombre de préservatifs à disposition des quelque quatre millions d'habitants du Congo en 2008. * Un nom d'emprunt lmm/ail
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