Le journal Visa retrace le chemin parcouru par l’ Ok Jazz en vue de dégager les raisons profondes de la stabilité musicale de Luambo makiadi en qualité de patron de ce grand orchestre qu’était auquel il a dû consacré ses 39 ans de carrière musicale
Le 12 octobre 2010, Luambo Makiadi Franco, grand maître de la musique congolaise, totalisera 21 ans dans l’au-delà. Luambo François est né à Sona-Bata dans la province du Bas-Congo, le 6 juillet 1939. Il est fils de Emongo Joseph (décédé) et de Mbonga Makiese (décédée).
Aîné d’une famille nombreuse, « Va Fuala » est mort à l’âge de 50 le jeudi 12 octobre 1989 à Namur, en Belgique, des suites d’une longue et pénible maladie. Soit après 39 ans de carrière musicale débutée a l’âge de 11 ans, dont 33 consacrés exclusivement à l’OK Jazz. Visa retrace le chemin parcouru par le TP OK Jazz en « vue de » dégager les raisons profondes de la stabilité musicale de Luambo Makiadi en qualité de seul patron de ce grand orchestre qu’était l’OK Jazz.
En effet, l’histoire de cet orchestre nous renseignons qu’il n’ y a que cinq noms qui ont joue un rôle important à la création et la survie de cet ensemble. Il s’agit de Papa Dimitriou, un sujet grec, Oscar Kashama (Un Congolais), d’où les initiales O.K.), Longomba Besange « Vicky », Luambo Makiadi et Lutumba Ndomanueno Simaro.
En 1953, grâce à la maison Loningisa de Papa Dimitriou, propriétaire des Editions CFA (Compagnie d’enregistrements folkloriques africains), Luambo et ses compagnons Rossignol Canta d’or, de son vrai nom Lando, Essous Jean-Serge (congolais de Brazza), Edo Ganga (congolais de Brazza), de la l’une, Célestin Kouka, Pandy, etc.., tous Brazzavillois ont fait connaissance de Longomba Besange Victor alias Vicky, alors chanteur ténor au studio Loningisa, aide-comptable et chef de studio. Leur groupe dénommé « Bana Loningisa » bénéficiait d’un bon encadrement de Papa Dimitriou sur le plan discographique.
En 1956, le groupe « Bana Loningisa » fut sollicité par Mr Oscar Kashama. Sur son initiative prise le vendredi 6 juin de la même année, le groupe portera désormais le nom d’un orchestre moderne et optera pour l’appellation de Oscar Kashama Jazz. (OK Jazz, en sigle). Kashama avait mis son matériel de musique et son bar dénommé OK Bar, juste là où se trouve le siège de la Comico (Communauté islamique du Congo), commune de Kinshasa, à la disposition de l’orchestre, où il se produisait régulièrement, toujours pour le compte de la Maison Loningisa.
A cette époque, Longomba Victor était le président du groupe grâce à son sens d’organisation, tandis que Essous était chef d’orchestre et secrétaire général, avant d’être remplacé le 1erfévrier 1957 par Nino Malapet, Brazzavillois et jouant merveilleusement la clarinette. Nous sommes en 1959. Luambo et Longomba deviennent des associés dans le cadre de leurs affaires et créent les Editions « Boma bango » et « Epanza Makita ».
Au courant de la même année, Longomba, en qualité de président du groupe et de chef de studio, signe un contrat avec un homme politique congolais pour faire voyager l’OK Jazz à Bruxelles, en vue d’agrémenter les assises de la Table Ronde politique qui devaient décider de l’indépendance du Congo, alors Congo-Belge. Après avoir réussi ce fameux contrat, Longomba en informera son patron Papa Dimitriou qui, ensemble avec les siens, se prépareront en conséquence et
n’attendront plus que le jour ».
Car, le promoteur avait déjà depuis belle lurette, envoyé 9 titres de voyage UTA pour Longomba et ses musiciens de l’OK Jazz. Curieusement, Longomba fut trahi par Franco auprès de son patron pour une histoire banale de femme. Ce qui amena Papa Dimitriou à retirer sa confiance à Longomba et décida de le décharger de ses fonctions. Mais de quelle manière ?
Dimitriou commença par coller une mise à pied d’une semaine à Longomba. Ensuite, ii appela le soliste Luambo, un autre jour, pour lui signifier que désormais ii remplaçait Longomba à toutes ses fonctions et avait droit au salaire de celui ci 6000 francs à cette époque).
En plus, Papa Dimitriou donna à Luambo une maison en ville, sur l’avenue Charles de Gaule (actuelle avenue du commerce). Et, ii finit par interdire aux musiciens de l’OK Jazz de voyager avec Longomba pour Bruxelles. Quelle ne fut pas la surprise de Longomba lorsque le jeune Luambo l’a invite et reçu dans sa nouvelle maison en ville. Ce n’est pas tout. Luambo lui restitua les 9 billets d’avion avant de transmettre la décision de Papa Dimitriou, sa déchéance et du voyage annulé pour les musiciens de l’OK Jazz. Longomba n’en revenait pas. Néanmoins, Vicky, qui avait son contrat ferme, tenait à tout prix à ne pas décevoir son promoteur.
C’est ainsi qu’il effectua une descente impromptue chez Dépôt Bar àMatonge, sur Victoire, où se produisait Katie Jeff avec son orchestre sans Nico et Déchaud. Ces deux derniers s’étaient déjà séparés d’avec Grand Kallé. Longomba parla alors de ce contrat à Kallé Jeff qui accepta aussitôt de voyager avec lui. Mais, pour les guitaristes, Katie proposa à Vicky d’aller voir le Docteur Nico Kassanda et son frère Déchaud Muamba, tout en se gardant de leur révéler que Kallé aussi était intéressé par ce même voyage. Longomba qui avait compris fit exactement ce que Kallé lui avait demandé. Nico et Déchaud marquèrent leur accord.
(Notez que Nico et Déchaud furent respectivement soliste et accompagnateur inégalables de cette époque). D’autres musiciens : le bassiste, le batteur et le mi-soliste Brazzos furent contactés pour compléter l’équipe. Izeidi Mokoy, maracassiste, fit partie de ce groupe tout simplement parce qu’entretenant de très bonnes relations privées avec Longomba. Le voyage eut lieu.
Nico et Déchaud ne pouvaient plus s’opposer, malgré la présence de Kallé. A Bruxelles, on proposa de donner à cet orchestre le nom d’African Soul. Tout se passa a merveille quant à la prestation durant la Table Ronde. Rentré au pays, après leur périple bruxellois, en 1961, Longomba créa l’orchestre Negro-Succès qu’il confia à Bolhen et Djeskain Okitadihunga avant de réintégrer l’OK Jazz par ordonnance du Gouvernement congolais.
A son retour dans l’OK Jazz, Longomba posa ses conditions selon lesquelles tous les musiciens ayant quitté l’orchestre après lui, le réintègrent. En outre, l’orchestre deviendra des lois une société. Sa proposition fut adoptée. De Oscar Kashama Jazz, l’orchestre devient le Tout-Puissant Orchestre Kinois de Jazz (TP OK Jazz) et perdit sa signification originale.
Quelques années plus tard, une décision politique du gouvernement congolais avec Tshombe comme Premier ministre, a contraint tous les Congolais de la République populaire du Congo (Brazzaville) de rentrer chez eux. C’est ainsi que Essous Jean Serge, Célestin Kouka, Edo Nganga, Nino Malapet a regagné Brazzaville, malgré eux. En 1970, Longomba en convalescence, Luambo décida de scinder le TP OK Jazz en deux. Une partie ne fut pas d’accord. Comme Luambo insistait, Longomba excédé décida de claquer définitivement la porte du TP OK Jazz.
En 1971, il crée son orchestre « Lovy du Zaïre ». Cet orchestre n’a vécu que deux ans jusqu’au 12 mars 1988, date de la mort de Longomba. Voila comment et pourquoi Luambo est resté le seul maître a bord au sein du navire TP OK Jazz. Empressons-nous de dire que quand Longomba évoluait encore dans le TP OK Jazz, le rythme de cet orchestre s’appuyait sur sa voix et sur la guitare de Luambo. « Mon gongo ya OK mongongo ya Vicky bandeko, Likembe ye 0K maboko ye Luambo ». Après le départ et la mort de Longomba, Luambo devint le seul maître du TP OK Jazz et imposa sa voix à la place de celle de Longomba. Ainsi, sa guitare et sa voix ont fait du TP OK Jazz un grand orchestre du pays, de l’Afrique et du monde. Luambo Makiadi devenu grand maître, s’est impose comme étant le seul patron et régna ainsi jusqu’à sa mort.
José Mpaka Ikombe/Visa
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