Voilà 4 jours que je me suis emmuré dans un silence assourdissant.
Ghananite. Tel est le nom du mal qui me ronge.
Je suis anesthésié, les mots ne viennent pas, ils deviennent comme des caillots de sang dans la gorge, j’ai mal au Ghana, je souffre d’une asthénie réflexive, je souffre d’une hémorragie mélancolique, je n’ai plus le courage d’écrire, à cause de cette chose-là.
Autant l’inconnaître que la nommer. Une honte, vous dites ? Non, c’est bien plus que ça.
Hélas donner le superlatif à un mot c’est aussi lui enlever sa pesanteur, son mystère et limiter sa profondeur.
Je l’appellerais donc ce machin-là car c’est un mélange sulfureux de sentiments indescriptible : colère, fierté, recolère, tristesse, honte, résignation, fatalisme, pitié, hargne,…
Je défie le dictionnaire de l’Alexytimie de ne jamais pouvoir sonder le ras-le bal qui me fait pousser cette gueulante.
Je revois Gyan tirant sans gravité ce penalty, avant de m’affaler sur la moquette comme atteint d’une ivresse soudaine, ne croyant pas ce qui NOUS arrive à cet instant là !
Tout le souffle d’un continent s’est arrêté, suspendu à ses pieds.
Et lui, certainement sous le poids de la pression et des gros yeux bien ronds des Millions d’Africains qui le regardaient, buta contre les poteaux qu’il fallait butter !
Comme si les cieux en avaient pris un sacré coup, une pluie est retombée sur Casablanca après la défaite de notre équipe. Les rues étaient désertes comme lors de la rupture pendant le Ramadan.
Du coup, je suis allé me déglinguer la gueule au Bao, une boîte Africaine, en compagnie de quelques amis.
J’y ai bu tout mon saoul au point de risquer littéralement mon strapontin car, ma copine a menacé de rompre avec moi, après ma minable prestation de danse !
Je lui ai fait honte me dit-elle.
Pauvre petite, elle ignorait certainement la tristesse profonde tapie tout au fond de moi à 20 étages en sens inverse comme dirait Aimé Césaire !
Un seul but et Le Ghana, pardon, l’Afrique, aura mis fin à une malédiction qui date depuis l’institution de ce jeu auquel, nous autres, pauvres lutteurs en guenilles, pêcheurs de Tilapias, péteurs professionnels, éructeurs improvisés et amateurs de vin de palme ne comprenons sans doute rien !
Partout la même indignation, la même colère, le même mot : immaturité.
L’Africain serait donc immature de jubiler avant la victoire car c’est peut-être ce qui a précipité le tir de la honte.
Comment ne pas s’y résoudre puisque la Bible elle-même annonce « avant la chute, il y a l’orgueil ». L’orgueil Gyanal.
Cet orgueil-là était mal placé, et les pieds Ghanéens fort malheureusement aussi.
Van MANCHETTE
stefenpoint
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... Le football africain a à peine 50 ans, on ne peut pas être trop exigeant avec lui. Imaginez, l'Uruguay était déjà champion en 1930 et même si ce pays ne figure pas réellement parmi les grosses nations du foot, ni d'autre chose d'ailleurs, ses moyens et ses infrastructures restent nettement supérieurs à ceux des pays africains! Le football africain est surtout à conjuguer au futur. En espérant que l'émergence de l'Asie, impliquant un nouveau rapport de force international, n'en fera pas le grand perdant de l'affaire, encore une fois... En attendant, l'Asie fout la pression à l'Europe, la dominera d'ici quelques années économiquement et l'Afrique pourrait tirer avantage des moyens de pression diminués de l'Europe. Elle pourrait aussi se retrouver telle une proie entre deux prédateurs, à suivre... Quand je pense à l'Uruguay, je pense au petit Vietnam, qui flanquait une fessée aux gros ricains il y a quelques années. Ils ont de la volonté ces gens-là, de la fierté et de l'honneur, c'est de ça dont il s'agit. L'Afrique a du talent, mais rien de tout ça malheureusement, ou bien trop peu, n'est-ce pas Gyan?! |
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