L’industrie forestière congolaise suscite aujourd’hui un engouement particulièrement troublant qui passe sous silence pour le plus grand nombre des concitoyens. Des sociétés occidentales se sont implantées dans la région de la Sangha plus particulièrement dans les forêts de OUESSO pour une exploitation intensive du bois. Sous le couvert d’une exploitation obéissant aux normes et certification conventionnelle appelée FSC (Forest Stewardship Council), les arbres sont abattus et drainés hors de nos forêts et acheminés non pas vers Pointe-Noire ou encore moins dans la ville de Ouesso pour une exploitation locale mais bien hors du territoire congolais privant ainsi nos concitoyens d’une opportunité d’emploi pouvant générer le développement de la région entière voire du pays.
En effet, la majorité du bois ainsi abattu dans cette forêt est directement acheminé vers le port de Douala au Cameroun au lieu de celui de Pointe-Noire. Au delà du bénéfice que l’on peut semble t-il justifier tirer de cette exploitation, pourquoi ce choix du Port de Douala au détriment de celui de Pointe-Noire ? Le gouvernement congolais ignore t-il l’importance en termes de création d’emploi que rapporte cette activité si l’on s’attelait réellement à mettre en place une politique de développement locale et nationale d’infrastructures routières et économiques ?
Devoir concilier le développement industriel, technologique avec les droits de l’Homme
L’exploitation de la seconde ressource économique du pays devrait être gérée de façon à ce qu’elle soit source de profit et génératrice d’emploi pour nos concitoyens. Qu’observons-nous ces deux trois dernières années, une vaste campagne de sensibilisation sur près de 2,5 millions d'hectares ayant été certifiés FSC, label alliant un suivi de la forêt, un volet social de qualité et le respect de la biodiversité.
Ceci dans le but d’atteindre l’objectif de 10 millions en 2012. Pour rappel, le label FSC est un engagement pour le respect des règles sociales et de sécurité pour les travailleurs de l’entreprise mais aussi pour les familles. Elle participe logiquement à l’amélioration des logements, à l’accessibilité en eau potable et en énergie et également contribue à la scolarité des enfants des travailleurs. Au regard des conditions précaires et surtout aux conditions de scolarités plus que défavorables que nos concitoyens de cette localité sont confrontés actuellement l’on s’interroge à quoi ont servi les sommes versées par les deux entreprises qui exploitent la forêt de OUESSO en l’occurrence la CIB (Congolaise Industrielle des bois , du groupe danois DLH) et l’IFO (Industrie Forestière de Ouesso du groupe Allemand DANZER) .D’après les informations recueillies auprès du journal le Figaro , pour le droit à l’exploitation semble t-il concédé par les populations auprès de ces entreprises, ces dernières devraient verser l’équivalent de 200 F CFA par mètre cube pour encourager des programmes agricoles de subsistance. Pourquoi le gouvernement accepte t-il de cantonner les Congolais de continuer à vivre d’une agriculture de subsistance ? Après 50 ans d’indépendance, sommes-nous pas disposés à élaborer des politiques d’une agriculture industrielle ?
Les droits des pygmées du Congo ne sont-ils pas des droits de l’homme ?
Aujourd’hui, il se trouve que ces programmes agricoles tardent à se concrétiser sur le terrain.
Pourtant, toujours d’après le Figaro, 160.000 euros (104 953 120 F CFA) ont été versés par l’IFO au titre de l’année 2009. a supposer que la même somme ait été également par la société CIB. Ce qui nous donnerait environ 209 600 000 f CFA. Au delà des ces sommes dérisoires pour les exploitants forestiers, qui à notre avis, ne cadre pas réellement aux bénéfices que se font ces sociétés au détriment des populations, on s’interroge, par exemple, ce qui a empêché que cette somme soit reversée dans l’amélioration ne fusse que des conditions de scolarité des enfants de cette localité. A ce jour, plusieurs établissements manquent cruellement de tables et banc. Les élèves suivent les cours en s’asseyant à même le sol. Pourquoi ?
Pire encore, l’on apprend que ces sociétés utiliseraient des populations autochtones pygmées sous couvert d’une démarche de politique de gestion durable des forêts tropicales afin d’exploiter les essences nécessaires en respectant semble t-il l’habitation des pygmées. Pour cela, elles ont doté nos frères pygmées des GPS pour mieux les localisés et éviter ainsi les conflits.
Non c’est inadmissible et c’est juste une nouvelle manière de maquiller l’acculturation de nos concitoyens en apport douteux de générosité technologique. C’est de l’esclavage moderne maquillé en solidarité. Pour nous Congolais, pensez-vous un seul instant qu’un pygmée aurait besoin d’un GPS pour se repérer dans une forêt qui a toujours été son habitat depuis des siècles ? Ou simplement que c’est une exploitation encore plus vicieuse et deshumanisante qui se met en place avec l’accord des nos dirigeants ? Il parait « Que 2 à 3 arbres à l’hectare sont abattus » dixit FSC. « Certes, mais imaginez maintenant un carré de 100m x 100m, puis 3 arbres de 60m de haut qui sont abattus emportant avec eux quantité de tiges d'avenir ; imaginez aussi les pistes de débusquage pour tirer chacune des grumes vers des pistes secondaires qui débouchent sur les grosses pistes de débardage et d'évacuation, sans parler des aires de stockage ; imaginez enfin des hordes d'ouvriers forestiers qui passent leur temps perdu à tendre des pièges, et tout cela tous les 30 ans !!! Pauvres Pygmées, légendaire Peuple de la Forêt doté désormais des GPS de Chirac et Sarkozy, qu'on imagine enfin gambader gaiement dans une forêt éco-labellisée, sautant de bosquets en clairières, de pistes de débardage défoncées en mares d'huile de vidange… » (1)
A veux-t-on faire croire qu’il suffit que nos frères pygmées répertorient certains arbres qu’ils jugent nécessaires a leur subsistance pour que ces derniers soient exemptés d’abattages. Notre coup de gueule ne vise pas la crédibilité du label FSC ni encore moins son utilité. Mais nous pensons fortement que cela n’as pas été très pensé face à la réalité congolaise, il utilise une démarche inappropriée qui ne tient pas compte de la culture congolaise. Nous refusons qu’on brade notre culture avec des GPS qui n’ont qu’un seul but de se servir des pygmées pour ratisser nos forêts. Ils envoient les informations qui sont immédiatement consignées sur les cartes qui serviront aux bûcherons. Dites nous que deviendra l’enfant Pygmées dans 20 ans !!! Un enfant complètement déboussolé, sans repère ni souvenir pendant ce temps ses parents œuvrent pour alimenter les grosses banques danoises, allemandes, françaises et les comptes de certains politiciens congolais véreux.
Le gouvernement doit préserver les droits des Congolais
Que faire, Le gouvernement doit :
Mettre en place une commission d’évaluation pour créer des infrastructures routières et ferroviaires permettant non seulement le désenclavement de la région mais surtout à l’exploitation nationale de ces ressources.
Mettre en place une commission chargé d’évaluer les conséquences de l’exploitation intensive de ces forêts.
Créer d’urgence un Comité local de suivi et contrôle des investissements sur les projets de développement des localités concernées.
Veiller à l’application stricte du Certification FSC en matière d’amélioration des infrastructures éducatives, sanitaires et locatives.
Créer une commission interdisciplinaire entre l’Etat et la société civile pour une exploitation maîtrisée des forêts tropicales de notre pays, tel qu’il est stipulé dans son article 4 des principes du FSC.
Mettre en place une commission nationale pour la défense de la culture pygmée.
Congolais, Pygmées et bantous, nous sommes tous égaux en droit !!!
ASSOCIATION DAC
(1) Un Monde Pygmée. www.unmondepygmee.com.
Elumba
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... Je ne peux que être triste à la lecture de cet article qui me touche particulièrement, natif de cette région si riche et si enclavée, qui pourrait être un grand pôle de développement pour la partie septentrionale de notre pays. |
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Le révolté
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... Ce que l'on ne nous dit pas surtout c'est le fait que parmi les destructeurs de nos forêts, il y'a la famille de SASSOU-NGUESSO. Et effet, son frère et ses filles se sont érigés en gros exploitants qui écument impunément nos forêts. Recemment, c'est à l'une de ses filles que des centaines de milliers d'hectares de forêts ont été attribués dans la Cuvette Ouest. Bien entendu qu'il y'a des exploitants occidentaux; mais les plus dangereux sont bien les nôtres. Ils font ce qu'ils veulent et n'ont de compte à rendre à personne, puisque le pouvoir c'est EUX. A cette allure, dans quelques années, c'est-à-dire à l'échéance 2016, quand SASSOU devra (logiquement) rendre son tablier, nous n'auront plus grand chose en matière de forêts. Ceci peut sembler exagéré; mais attendons-nous au pire. La boulimie de cette famille n'a pas de fin tant que leur champion reste au pouvoir. LES FORÊTS DU NORD DU CONGO SONT EN DANGER. LES POPULATIONS PYGMEES SONT MENACEES. NE L'OUBLIONS JAMAIS. |
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ELODIE
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... Ah Papa Béri, que veux-tu qu'on y fasse , je suis originaire de la Sangha et je confirme le fait que les enfants étudient dans les conditions très difficiles. Pourtant je viens de d'apprendre que des telles sommes sont versées pour les aider à étudier dans les bonnes conditions. Vous vous rendez maintenant compte que c'est parce qu'on est du Nord que nous profitons du pouvoir de SASSOU. On est tous logés à la même enseigne. Merci pour cet article. |
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Maurice
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... Le vrai problème c'est la mauvaise gouvernance. On ne peut pas reprocher aux sociétés occidentales de pratiquer leur politiques capitaliste. Elles ont toujours fonctionnés de cette façon c'est à dire exploiter plus pour gagner plus. C'est au gouvernement congolais , comme vous le pointer si bien, de fixer les règles et d'aider les congolais. Je suis tout a fait d'accord avec cher Monsieur sur le fait "Ou part toutes ces sommes que redistribuent ces sociétés? " "Que deviendront les pygmées dans 20 ans si cette politique perdure? " Vous posez là de très bonnes questions sans tomber dans la critique stérile. D'autant plus vos propos sont très proches de la réalité. Bon travail d'interpellation, j'espère que les autorités vous liront. |
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Ndombi
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... Je suis très content de ce debat depassionné à ce sujet cmoplexe,en effet je suis agent de la societé ifo;je peux vous dire que les socités font quand meme des efforts pour que les choses marchent pour le bien de tous; quelpart l'etat ne fait pas son job,le bois aujourd'hui passe par le cameroun avons nous le choix?quelques rares grumes qui arrivent à brazza par bateau restent parfois des mois entiers pour arriver au port de pointe noire par manque de disponibilités de wagons appropriés(celà diminue enormement la qualité du bois);toutes ces societés du nord utilisent des grands groupes elctrogenes pour la fourniture de l'electricité;la socité ifo utilise dejà la coogeneration(transformation de la chaleur de dechets de bois brulés en electricité),sachez que ifo pour ces besoin fourni le courant 24/24 tous les jours toute l'année,le carburant on l'achete au cameroun pour des raisons de voies de communications et parfois des tracaceries d'approvisionnement à brazza;on peut voir les quantités et le cout,si on avait des barrages ou de l'ectricité de l'etat ça sera plus facile; le cfco au jourd'hui n'a aucun wagon pour transporté du bois debité ou des conteneurs en quantité. En conclusion je dirai que les societés ont des efforts à faire mais que l'etat crée les conditions , que l'administration fasse son boulot et que les hommes d'affaires congolais s'interessent au secteur bois(exemple le transport du bois,un très grand marché). |
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