En Afrique, en matière militaire, la France souffle le chaud et le froid. Par un tour de passe-passe, Paris ferme les bases militaires sans pour autant les quitter. Ainsi, par le jeu de déploiement-reploiement, la France perpétue sa présence militaire en Afrique.
Avant son élection, Nicolas Sarkozy avait promis de moderniser les relations de la France et l'Afrique. S'il semble bien décidé à faire évoluer la carte militaire et à jeter par dessus bord l'encombrant képi de «gendarme de l'Afrique», on ne peut pas en dire autant de sa diplomatie. Formé à l'école de Charles Pasqua, le chef de l'Etat continue de recourir aux réseaux parallèles et aux rapports personnels avec les dirigeants locaux. Sa visite au Gabon, où la France a été accusée de cautionner l'élection contestée de Bongo en août dernier, le démontre une fois de plus. Cette troisième visite à Libreville n'est pas le moindre des paradoxes dans une politique élyséenne qui n’en manque pas.
Partir en restant ou rester en partant
Le concept de base militaire a vécu. Exit l’opération « Barracuda ». Exit l’opération sur Kolwezi. Place désormais à la doctrine de « coopération militaire » inspirée du Livre blanc de la défense publiée au printemps 2008. Après la base militaire d'Abidjan, dont la fermeture a été décidée sans tambours ni trompettes, la France poursuit donc la réorganisation de sa présence militaire en Afrique francophone. La France a annoncé, le 20 février 2010, son intention de fermer ses bases militaires au Sénégal, fortes de 1 200 hommes et qui constituent une de ses trois installations permanentes en Afrique. Toutefois, elle souhaite conserver à Dakar un " pôle de coopération militaire à vocation régionale ".
Et, c’est là l’ambiguïté. " Les bases militaires françaises vont quitter Dakar en vertu d'un accord qui sera signé avant le 4 avril (date de l'indépendance du Sénégal) par les deux parties ", a déclaré le porte-parole du président sénégalais Abdoulaye Wade (AFP, 20 Février 2010). C'est une diminution de la présence militaire française au Sénégal, ce n'est pas une disparition.
Bruit de bottes françaises à Brazzaville
Quelques semaines auparavant, sans moins de panache, le Congo-Brazzaville annonçait l’arrivée prochaine des instructeurs militaires français. Pour une mission de formation en génie militaire. L’école nationale à vocation régionale (ENVR) spécialisée dans les travaux publics et le bâtiment devrait être fonctionnelle en septembre 2010. L'accord relatif à l'implantation de cette structure de formation venait d’être signé entre le ministre philosophe congolais à la présidence, chargé de la défense nationale, Charles Zacharie Bowao et l’ambassadeur de France au Congo-Brazzaville, Jean-François Valette (AFP, 9 Février 2010). Simple coïncidence de date et des faits ? Pur hasard ?
Le Congo-Brazzaville et la France revitalisent les accords de défense au moment où la coopération en matière culturelle et d’éducation est au plus mal. Que cache donc ce regain de coopération militaire ? Cette école masque-t-elle un centre de formation de combattants endoctrinés à la défense des intérêts français dans un environnement mondialisé ? Ces accords servent-ils des ambitions peu avouables telles des clauses secrètes ? Pourquoi la présence de troupes étrangères au Congo-Brazzaville n’a-t-elle pas fait l’objet d’un débat parlementaire ?
La France a certainement serré les fesses lors des élections gabonaises, en perdant Bongo son allié de toujours. Il lui manque désormais l'appui inconditionnel que Bongo père lui offrait. L’Elysée cherche certainement une autre base en Afrique centrale. L'implantation de cette école à Brazzaville en présente peut-être les contours.
Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville en compétition pour le leadership de la sous-région avec Paul Biya du Cameroun, fort tenté supplanter Bongo, est sans doute pour Paris le meilleur garant de la continuité de sa très honteuse politique africaine. Ce centre d’instruction n’est, vraisemblablement, pas l’arbre qui cache la forêt. Car on peut rêver éveillés en se demandant : à quand une école Polytechnique, HEC, une école d’Informatique sous-régionale financées par la France à Brazzaville ?
Benjamin Bilombot Bitadys
boloko
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... Les discours des hommes politiques n'engagent que ceux qui les entendent, la France reste dans une politique de continuité tant que ses département d'Afrique équatoriale continueront à lui fournir les matière prémiere à cout de maroquin, en d'autres termes tant que le chien(sassou) des français restera au pouvoir, la France a encore des beaux jours en Afrique . La rupture est un mot dévitalisé qui n'a aucune charge historique dans le pré-carré france-africain. |
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